La population de la Sturnelle des prés a chuté de 93 % au Québec dans les 50 dernières années.
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S'abonner maintenantLa population des oiseaux champêtres est en fort déclin depuis les années 1970. De tous les groupes d’oiseaux, ce groupe est celui qui présente les diminutions les plus importantes, notamment à cause de la perte de terres agricoles. Comme ces oiseaux se reproduisent presque exclusivement en milieu agricole, les agriculteurs peuvent faire la différence et leur rendre un grand service en améliorant certaines pratiques ou en réalisant des aménagements favorables à ces espèces.
Pour donner un coup de pouce à ces oiseaux qui peuplent les champs, l’Institut de technologie agroalimentaire du Québec (ITAQ), en collaboration avec QuébecOiseaux et en lien avec les objectifs du Plan d’agriculture durable (PAD), offrira à la mi-mars une formation sur les aménagements et pratiques favorisant les oiseaux champêtres en milieu agricole.
Baromètre de la santé des écosystèmes
Espèces méconnues, les oiseaux champêtres sont d’importants indicateurs de la santé des écosystèmes agricoles. Ils rendent également des services écosystémiques précieux aux producteurs, comme le contrôle des insectes nuisibles et des plantes adventices et la pollinisation.
En Montérégie, par exemple, un agriculteur a considérablement réduit l’utilisation de pesticides contre la pyrale du maïs grâce à la présence de Goglus des prés dans un champ de plantes fourragères à proximité. Comme plusieurs oiseaux champêtres, ceux-ci nourrissent leurs oisillons exclusivement d’insectes, ce qui contribue à la lutte contre les ravageurs.
« Les producteurs sont les mieux placés pour aider cette biodiversité, et cette formation a pour but de les outiller sur la situation des oiseaux champêtres et les pratiques agricoles favorisant leur cohabitation », mentionne Isabelle Gariépy, conseillère en formation continue et coordonnatrice du parcours de formation continue du PAD à l’ITAQ.

À chaque culture ses oiseaux
D’une durée de 6 heures, la formation sera donnée en présentiel sur le campus de l’ITAQ à Saint-Hyacinthe et diffusée en simultanée sur le Web pour permettre au plus grand nombre d’intéressés d’y participer. Elle s’adresse à tous les types de production agricole, qu’il s’agisse de producteurs ayant des champs de foin, des pâturages, des grandes cultures, des productions maraîchères ou fruitières.
Les participants apprendront à identifier les oiseaux champêtres en milieu agricole et à choisir les pratiques et aménagements favorables à ces espèces et adaptés à leurs cultures spécifiques.
« Le groupe des oiseaux champêtres comporte plusieurs espèces dont la présence varie en fonction des types de végétation et de milieux, ajoute Isabelle Devost, biologiste chez QuébecOiseaux. Chaque espèce a un habitat de prédilection qui répond à ses besoins en alimentation et en nidification. Par exemple, les espèces retrouvées dans les cultures fourragères diffèrent de celles qui s’installent aux abords des cultures annuelles ou des vergers. Une meilleure connaissance de ces espèces permet de sélectionner les aménagements les plus appropriés pour les aider en fonction de la réalité de chaque production agricole. »
Des bénéfices pour les agriculteurs
Plusieurs possibilités d’aménagements et de pratiques peuvent être envisagées selon le type de cultures et d’élevage, ainsi que des intérêts et des besoins du producteur, notamment :
- Planter des arbustes indigènes dans les bandes riveraines et les haies brise-vent pour fournir des petits fruits, des abris et des perchoirs;
- Retarder la période de fauche de quelques hectares pour permettre la fin de la reproduction des oiseaux;
- Effectuer une rotation des pâturages pour contrôler le broutage;
- Conserver certains éléments déjà présents, comme des clôtures, des piquets ou des arbres morts, qui pourront servir de perchoirs (sites de guet, de parade ou de repos);
- Installer des nichoirs qui, comme les arbres morts, offrent des sites de nidification à différentes espèces.
- Ces pratiques profitent non seulement aux oiseaux champêtres, mais également à la biodiversité en général, renforçant la résilience des sols et des écosystèmes agricoles.
« En adoptant ces approches, les producteurs peuvent également améliorer la productivité et les rendements de leurs exploitations. Les oiseaux peuvent ainsi devenir le point de départ d’initiatives bénéfiques à plus grande échelle », conclut Isabelle Devost.
Les personnes intéressées à obtenir plus d’informations sur le sujet peuvent se rendre sur le site Web de l’ITAQ à l’adresse www.itaq.ca/formation-
continue/formations-agricoles section Agroenvironnement – Santé des sols.

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