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Situés à la ferme du Collège d’Alma, ces deux silos sont utilisés pour réaliser divers essais sur le séchage à air ambiant. Photo : Nicolas St-Pierre

Situés à la ferme du Collège d’Alma, ces deux silos sont utilisés pour réaliser divers essais sur le séchage à air ambiant. Photo : Nicolas St-Pierre

L’orge brassicole, un marché intéressant, mais pas sans défis!

L’orge brassicole est une culture prisée par plusieurs producteurs du Québec, dont ceux des régions périphériques. Elle représente un marché spécialisé très intéressant. Au Québec, près de 20 000 tonnes sont commercialisées annuellement, ce qui représente 15 % des besoins du marché. Considérant que cette quantité correspond à seulement 12 % de l’orge produite au Québec (tous marchés confondus), qu’est-ce qui freine les producteurs à en produire plus? Une partie de la réponse réside dans la complexité de la gestion du séchage et de l’entreposage, essentielle à la commercialisation du produit.

Généralement, de 60 à 80 % des producteurs qui cultivent de l’orge brassicole répondent, lors de la récolte, aux normes de qualité exigées pour ce marché. Cependant, au moment de la livraison, la situation change. Comme les livraisons se déroulent en continu, c’est-à-dire durant presque toute l’année, l’entreposage devient nécessaire. Malheureusement, durant cette période, les risques d’altération de certains critères qualitatifs augmenteront si aucune précaution n’est prise. 

Le séchage

Comme il est conseillé de récolter l’orge brassicole à des taux d’humidité élevés, soit de 16 à 18 %, la gestion post-récolte représente un enjeu majeur. Qui dit humidité, dit séchage. Le pourcentage de germination étant à la base du processus de maltage, l’utilisation d’une source de chaleur n’est pas sans risque. L’emploi d’une technique de séchage à basse température (ou air ambiant) serait plus approprié, mais pas sans défis. Voici donc quelques conseils qui vous permettront d’optimiser cette technique.

  • Portez une attention particulière à la récolte et à la mise en silo;
  • Dès la mise en silo, ventilez en continu pour une période de deux à sept jours (selon la puissance de ventilation);
  • Ventilez selon les conditions météo, c’est-à-dire lorsque l’humidité extérieure est plus basse que la condition du grain afin d’assurer les gains;
  • Adaptez votre équipement à vos besoins de ventilation;
  • Visez des débits de ventilation supérieurs à 1 cfm/bu. À titre d’exemple, un silo de 21 pi de diamètre avec six sections devrait être muni d’un ventilateur de 10 ch.

L’entreposage

Concernant la gestion de l’entreposage, voici également quelques conseils qui vous permettront d’assurer le maintien des lots jusqu’à la période de livraison ciblée. 

  • À l’automne, abaissez progressivement la température dans le silo;
  • Ventilez toujours par temps sec et frais, une ou deux fois par mois;
  • Inspectez et observez régulièrement les grains;
  • Évitez de ventiler durant les redoux hivernaux;
  • Au printemps, réchauffez progressivement la masse de grains.

Un guide sur la gestion de la ventilation périodique est accessible sur le site des Producteurs de grains du Québec sous l’onglet Mise en marché/Normes et qualité des grains

Normes de qualité de l’orge brassicole

La commercialisation de l’orge brassicole exige des normes de qualité très strictes, dont un taux de germination de plus de 95 %, un pourcentage de prégermination inférieur à 4 % et un pourcentage d’humidité inférieur à 13,5 %. Certains de ces critères, nécessaires au processus de maltage, sont à risque lors de la période de séchage et d’entreposage.

Nicolas St-Pierre, M. Sc., agronome enseignant au Collège d’Alma