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Les étudiants de David Wees ont cultivé des micropousses pour identifier les espèces les plus intéressantes, autant du point de vue du goût que du rendement. Photo : David Wees

Les étudiants de David Wees ont cultivé des micropousses pour identifier les espèces les plus intéressantes, autant du point de vue du goût que du rendement. Photo : David Wees

Les micropousses pour diversifier sa production

David Wees, agronome, expert en horticulture et enseignant à l’Université McGill, a proposé un projet sur les micropousses à ses étudiants lors de la dernière session. En goûtant eux-mêmes aux résultats de leurs expérimentations, ils ont pu identifier les espèces les plus intéressantes à cultiver.

La culture des micropousses ressemble à celle des germes de luzerne et de haricots. Cependant, contrairement aux germinations, les micropousses sont cultivées à la lumière. Elles sont donc un peu plus grosses et ont un goût plus prononcé.

Les étudiants ont constaté que les micropousses de radis avaient un goût un peu épicé. « Le tournesol m’a aussi agréablement surpris, mentionne David Wees. Le goût ressemble à celui des noisettes. » Par contre, les micropousses de blé avaient un goût discutable. « C’est fibreux, comme du gazon », décrit l’horticulteur.

« Les meilleurs résultats du point de vue de la croissance et du rendement étaient les membres du genre Brassica, comme les brocolis, les choux et les radis », ajoute l’enseignant. Au contraire, malgré un goût intéressant, l’aneth et le basilic avaient une croissance beaucoup plus lente.

Ces informations peuvent être utiles pour les agriculteurs qui souhaitent diversifier leur production. « Les micropousses dans les épiceries sont produites par quelques producteurs qui accaparent presque tout le marché commercial, précise l’horticulteur. Beaucoup de gens en cultivent toutefois à petite échelle. » Cet intérêt pour les micropousses s’explique par les bons rendements et les prix élevés de cette culture. « Les prix de vente atteignent 20 $ le kilo », souligne David Wees.

Diminuer le coût des semis

« Le coût de la semence est toutefois un obstacle important à la production des micropousses, mentionne l’horticulteur. Le taux de semis nécessaire est beaucoup plus élevé que pour la culture des légumes. Nous voulions essayer de réduire la quantité de semences utilisées. »

Les étudiants ont ainsi remarqué que le fait d’employer moins de semences occasionnait une diminution de près de 50 % du rendement pour le blé, le tournesol et le brocoli. Ce n’était toutefois pas le cas pour les radis. « Je crois qu’ils sont capables de s’adapter à la densité des semis, explique David Wees. S’il y a moins de plantes, ils poussent plus rapidement. »

Selon lui, il est essentiel de déterminer avec plus de précision le taux optimal de semis des différentes espèces. « Par exemple, le tournesol a de grosses semences, souligne-t-il. La littérature scientifique recommande d’utiliser de 150 à 250 grammes de graines par plateau. C’est une énorme variation. Pour un producteur qui fait des milliers de plateaux par année, cela peut représenter une part importante des coûts de production. » 

Exigences de la restauration

Les restaurateurs représentent une clientèle importante du marché des micropousses et ils recherchent un produit prêt à utiliser et nécessitant peu de nettoyage. David Wees aimerait donc identifier le substrat idéal pour la culture, c’est-à-dire un substrat qui conserve bien l’humidité et qui est peu coûteux, mais qui ne laisse pas de saletés dans le produit final.

Kathleen Couillard, Agence Science-Presse