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Dans le cadre d’une étude de l’Université de Montréal, les chercheurs caractérisent la fonction respiratoire, l’inflammation pulmonaire et le remodelage bronchique des chevaux asthmatiques. Photo : Marc Langlois, FMV

Dans le cadre d’une étude de l’Université de Montréal, les chercheurs caractérisent la fonction respiratoire, l’inflammation pulmonaire et le remodelage bronchique des chevaux asthmatiques. Photo : Marc Langlois, FMV

Asthme équin sévère : le point sur la recherche

Les chevaux asthmatiques en crise sont reconnaissables par un effort respiratoire au repos généralement accompagné de toux et de jetage nasal. L’exposition au foin et aux poussières environnementales crée de l’inflammation pulmonaire de type neutrophilique. Les neutrophiles sont des globules blancs normalement impliqués dans la défense immunitaire contre les microorganismes. En cas d’asthme, la signification de leur présence dans les poumons n’est pas bien comprise, mais ces cellules pourraient endommager les bronches par le relargage d’enzymes capables de dégrader les tissus.

Tout comme l’asthme chez l’humain, les changements structuraux bronchiques des chevaux asthmatiques sévères contribuent au rétrécissement de leurs voies respiratoires. Cette caractéristique est connue sous le nom de « remodelage bronchique ». Le cheval est ainsi un modèle naturel pour l’étude de cette maladie, où les découvertes peuvent bénéficier tant à la santé animale qu’à celle de l’humain.

Une maladie commune encore mal comprise

Le laboratoire sur l’asthme équin, dirigé par le Dr Jean-Pierre Lavoie, professeur titulaire à l’Université de Montréal, abrite un troupeau de chevaux asthmatiques sévères. Ainsi, les membres du laboratoire tentent d’identifier le rôle des neutrophiles dans l’asthme ainsi que des thérapies qui diminueraient l’inflammation neutrophilique et renverseraient le remodelage pulmonaire chez les animaux.

Il existe aussi une forme légère d’asthme, et bien qu’ils puissent présenter de la toux et du jetage nasal, les chevaux atteints démontrent parfois uniquement de l’intolérance à l’exercice, un critère plutôt subjectif.

Alors que certains chevaux asthmatiques légers ne présenteront que des signes transitoires au cours de leur vie, d’autres évolueront vers la forme sévère de la maladie. Ainsi, un des objectifs du laboratoire est de caractériser le plus finement possible la pathologie des chevaux asthmatiques légers pour tenter d’identifier ceux qui développeront la forme incurable de la condition.

Certains membres du laboratoire cherchent donc une méthode facile et rapide pour distinguer l’asthme léger en utilisant la présence de biomarqueurs sanguins qui permettrait un diagnostic par une simple prise de sang.

Cette recherche est possible grâce aux chevaux asthmatiques légers présentés à l’Hôpital équin du Centre hospitalier universitaire vétérinaire à Saint-Hyacinthe. Avec l’accord de leur propriétaire, ceux-ci peuvent être recrutés dans un projet de recherche où leur fonction respiratoire, leur inflammation pulmonaire et leur remodelage bronchique sont caractérisés. Les examens sont effectués grâce à un endoscope, une caméra qui est dirigée dans l’arbre bronchique. Ces procédures sont peu invasives et sont normalement toutes effectuées sur une période d’environ 45 minutes, alors que le cheval est éveillé, mais sous sédation.

En bref

L’asthme équin sévère, communément nommé « le souffle », est une condition incurable et débilitante qui affecte environ 15 % des chevaux adultes en climat tempéré comme le Québec. Les périodes d’exacerbation de la maladie sont provoquées lorsque les chevaux génétiquement prédisposés inhalent des antigènes, particulièrement ceux retrouvés dans le foin.

Dre Sophie Mainguy-Seers, M.V., D.É.S., étudiante au Ph. D. à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal

Dr Jean-Pierre Lavoie, M.V., DACVIM, Vice-doyen à la recherche de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal