Page conseils 13 mars 2026

Questions fiscales pour un démarrage d’entreprise réussi

Lors du démarrage d’une entreprise, la compréhension des règles fiscales est essentielle afin d’assurer sa pérennité à long terme. Chaque année, je rencontre de nouveaux entrepreneurs qui, bien qu’ils prennent de bonnes décisions opérationnelles, prennent des décisions fiscales moins efficaces, par manque d’information.

Voici un survol des points qui reviennent régulièrement en démarrage d’entreprise.

Dois-je m’incorporer dès le démarrage de mon entreprise agricole?

Dans les premières années d’exploitation, plusieurs entreprises agricoles génèrent des revenus variables et des marges parfois serrées. Lorsque les profits sont modestes et que l’entrepreneur doit retirer la majorité des liquidités pour subvenir à ses besoins personnels, l’incorporation offre peu d’avantages fiscaux. En effet, même si le taux d’imposition d’une société est généralement plus bas que celui d’un particulier, ces économies disparaissent souvent lorsque l’argent doit être sorti de la société sous forme de salaire ou de dividendes.

L’incorporation devient plus pertinente lorsque l’entreprise génère des profits excédentaires, c’est-à-dire des sommes qui peuvent rester dans la société pour financer des projets futurs, absorber les années plus difficiles ou soutenir une expansion. 

À l’inverse, démarrer comme travailleur autonome (ou en société en nom collectif) est souvent une option simple, efficace et bien adaptée à la réalité des entreprises agricoles en phase de lancement. Cette structure permet une gestion plus souple avec moins de ­formalités administratives. 

Les dépenses au démarrage : ce qui est déductible et ce qui ne l’est pas

De façon générale, une dépense est déductible si elle est raisonnable, directement liée à l’exploitation de l’entreprise et engagée dans le but de générer un revenu. Lorsqu’une dépense est utilisée à des fins à la fois personnelles et professionnelles, seule la portion attribuable à l’entreprise peut être déduite.

Une erreur fréquente au démarrage consiste à croire que toute dépense payée après l’immatriculation de l’entreprise devient automatiquement admissible. Or, certaines dépenses importantes, comme l’achat de machinerie ou d’équipement, ne sont pas déductibles en totalité la première année. Elles doivent plutôt être capitalisées et amorties sur plusieurs années, selon les règles fiscales applicables. Cela peut créer une ­différence importante entre les liquidités et les revenus fiscaux.

Enfin, il ne faut pas oublier l’importance de conserver les factures et les pièces justificatives. Une dépense sans preuve est, aux yeux des autorités fiscales, une dépense qui n’existe pas. De plus, plusieurs entrepreneurs négligent l’importance d’une bonne tenue de livres dès le début. Factures perdues, documents incomplets ou retards dans la comptabilité rendent la gestion plus difficile et augmentent le stress lors des périodes de déclaration. Une organisation minimale, mise en place tôt, permet pourtant d’éviter bien des erreurs et de prendre de meilleures décisions.

Planifier l’impôt à payer

L’une des erreurs les plus fréquentes est de sous-­estimer l’impôt à payer. Plusieurs travailleurs autonomes ou actionnaires de petites et moyennes entreprises oublient que l’impôt n’est pas retenu à la source comme pour un salarié. Une bonne planification inclut toujours une provision pour l’impôt qui sera à payer, même lorsque les liquidités sont serrées. Les travailleurs autonomes doivent aussi planifier les autres versements de fin d’année (comme ceux à la Régie des rentes du Québec, au Régime québécois d’assurance parentale, au Fonds des services de santé ou à la Régie de l’assurance maladie du Québec) qui peuvent être importants, selon les revenus déclarés. 

En conclusion, le démarrage d’une entreprise, c’est excitant, mais bien la structurer d’un point de vue ­comptable et fiscal dès le départ, c’est ce qui permet d’éviter les surprises et de bâtir quelque chose de durable. 

Cet article a été rédigé par l’équipe de SCF Conseils, avec l’appui d’outils d’intelligence artificielle pour la structure des idées.  



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