Actuellement, le Québec compte environ 5,7 millions de poules pondeuses, générant une production annuelle d’environ 1,8 milliard d’œufs. Photo : Martin Ménard / Archives TCN
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S'abonner maintenantL’augmentation de la prévalence des bactéries résistantes aux antibiotiques incite les différents secteurs de productions animales à explorer des options de rechange aux traitements conventionnels. Diverses stratégies de remplacement des antibiotiques sont déjà employées dans les fermes, notamment l’utilisation de phytodérivés, tels que les huiles essentielles. Ces composés sont largement utilisés dans le secteur de l’élevage du poulet de chair à travers le monde. Cependant, leur pertinence chez les poules pondeuses n’a jamais été caractérisée.
Les phytodérivés sont reconnus pour leur large spectre d’activité, agissant sur une grande variété de bactéries. Leur mécanisme d’action endommage les membranes des bactéries, provoquant des perturbations membranaires pouvant aller jusqu’à la mort bactérienne.
Actuellement, le Québec compte environ 5,7 millions de poules pondeuses, générant une production annuelle d’environ 1,8 milliard d’œufs. L’utilisation de phytodérivés dans ce contexte pourrait permettre de réduire la charge infectieuse, notamment à des moments critiques, comme l’entrée en ponte ou l’atteinte du pic de ponte, où les animaux sont plus vulnérables aux infections microbiennes.
Cette stratégie dite alternative vise à limiter le recours aux antibiotiques en cas d’infection et à éviter les pertes économiques associées au retrait des œufs de la vente (jusqu’à cinq jours après la dernière administration d’antibiotique). L’objectif est de protéger les consommateurs contre la présence de résidus d’antibiotiques dans les œufs.
Notre projet vise à générer des données scientifiques probantes afin d’évaluer et de confirmer, pour la première fois, l’efficacité antibactérienne d’un mélange commercial d’huiles essentielles chez des poules pondeuses, en pic de ponte.
Dans un premier temps, l’activité antibactérienne de ce produit a été testée au laboratoire (in vitro) dans une matrice simple, c’est-à-dire sur différentes souches cliniques d’Escherichia coli pathogène aviaire (APEC). Dans un second temps, nous avons évalué l’action du produit dans une matrice complexe, représentée par une communauté bactérienne simulant les conditions intestinales des poules pondeuses.
Ainsi, nous avons testé la sensibilité des bactéries aux phytodérivés (méthode de dilution). Cela a révélé que le mélange de phytodérivés présente une activité antibactérienne contre les souches d’APEC testées. Toutefois, cette activité varie en fonction du profil de résistance aux antimicrobiens de ces souches. Lorsque le mélange de phytodérivés se retrouve dans une matrice complexe imitant les conditions intestinales des poules, l’activité antibactérienne n’est pas modifiée. Cette dernière constatation pourrait s’expliquer par la capacité du produit à favoriser la croissance d’autres bactéries ayant aussi des activités inhibitrices sur la croissance d’APEC.
En conclusion, le mélange commercial d’huiles essentielles exerce une activité antibactérienne aussi bien dans un environnement simple, comme les souches d’APEC, que complexe, comme une communauté de bactéries intestinales. Ces résultats en laboratoire ouvrent la voie à son utilisation préventive prometteuse contre les infections bactériennes chez la poule pondeuse. Cette activité antibactérienne sera validée prochainement in vivo chez la poule pondeuse.
