Les vaches et leur relève sont la principale source d’émissions dans une ferme laitière. Une des stratégies les plus efficaces consiste à augmenter la longévité des vaches en lactation. Photo : Archives / TCN
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S'abonner maintenantLe réchauffement climatique est une préoccupation majeure qui affecte particulièrement le secteur agricole. Chaque année, les effets des changements climatiques deviennent de plus en plus visibles : l’agriculture se trouve en première ligne exposée à ces événements météorologiques extrêmes, de plus en plus fréquents et intenses.
Les principaux gaz à effet de serre en agriculture
À l’origine de ces bouleversements : l’accumulation des gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère. Bien que plusieurs GES soient présents, les plus importants en agriculture sont le méthane (CH₄), le protoxyde d’azote (N₂O) et le dioxyde de carbone (CO₂). Chacun de ces gaz possède un potentiel de réchauffement planétaire différent. Pour faciliter leur comparaison, on les exprime en équivalent CO₂ (éq. CO₂), une unité commune permettant de mesurer leur impact global sur le climat.
Dans l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre émis au Québec, le CO₂ est largement dominant. Toutefois, en agriculture, ce sont surtout les émissions de méthane et de protoxyde d’azote qui dominent, en raison de leur pouvoir de réchauffement beaucoup plus élevé.
Dresser un portrait des émissions à la ferme
La première étape pour réduire les émissions de GES à la ferme consiste à dresser un portrait global de ses activités. Prenons l’exemple d’une ferme laitière qui cultive des champs et élève des animaux : il est essentiel de recueillir des données à la fois sur les pratiques culturales et sur la gestion des animaux. Toutes les sources d’émissions suivantes doivent être prises en compte :
- Consommation d’électricité
- Utilisation d’engrais minéraux
- Gestion du fumier et du lisier
- Méthodes et moments d’épandage
- Pratiques culturales
- Type de travail du sol
- Nombre d’animaux et méthodes de gestion
Une fois ce portrait établi, il devient possible d’identifier les principales sources d’émissions et de cibler des actions concrètes pour les réduire. De manière générale, les principales émissions en agriculture proviennent des animaux d’élevage et de la gestion de leur fumier. La fabrication et l’utilisation d’engrais minéraux représentent une autre part significative.
Une approche systémique pour des résultats durables
Réduire les GES de façon durable implique une approche systémique, c’est-à-dire considérer l’ensemble de la ferme comme un écosystème interconnecté. Les décisions prises doivent à la fois améliorer l’efficacité des opérations et réduire leur empreinte environnementale.
Dans un système laitier, par exemple, une modification apportée au champ peut avoir des effets en cascade jusqu’à l’étable. Mieux gérer une ressource à un endroit peut donc générer des bénéfices ailleurs dans la ferme.
Améliorer les pratiques animales
Les vaches et leur relève sont la principale source d’émissions dans une ferme laitière. Une des stratégies les plus efficaces consiste à augmenter la longévité des vaches en lactation. Cela permet de maintenir un même nombre de vaches tout en réduisant le nombre d’animaux de relève à élever, ce qui diminue globalement les émissions de GES.
Cette transition nécessite un suivi attentif de la santé animale et de la gestion de la reproduction pour éviter les réformes précoces. Bien que ce changement demande des ajustements importants, son effet potentiel sur le bilan carbone de la ferme est considérable.
Adapter les pratiques culturales
Certaines pratiques agricoles peuvent contribuer activement à la réduction des GES, voire à la séquestration du carbone dans les sols. L’utilisation de cultures de couverture en est un exemple accessible. Ces plantes, semées après ou pendant la culture principale, couvrent le sol, limitent l’érosion et favorisent la santé du sol.
Lorsque ces cultures incluent des légumineuses, l’effet sur les GES est encore plus marqué. Les légumineuses fixent l’azote atmosphérique, diminuent la dépendance aux engrais azotés de synthèse, sources majeures de protoxyde d’azote. Leur efficacité dépend du choix des espèces semées, de leur adaptation au climat local et du système de rotation des cultures.
Conclusion
La réduction des émissions de GES en agriculture est un défi ambitieux, mais loin d’être insurmontable. De nombreuses fermes ont déjà entrepris cette transition. Bien que le chemin soit encore long, chaque geste compte. Les efforts collectifs du secteur agricole peuvent générer des retombées positives majeures. Ensemble, cultivons une agriculture plus résiliente, plus efficiente et plus respectueuse de notre environnement.

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