Page conseils 14 novembre 2025

La circovirose de type 2 chez le porc : encore d’actualité 20 ans plus tard

Le syndrome de dépérissement post-sevrage (SDPS) chez le porc, caractérisé principalement par des signes de retard de croissance, de dépérissement, de difficultés respiratoires, d’ictère ou de la pâleur de la peau, a été décrit dans les années 1990 et associé au circovirus de type 2 (PCV2). Le PCV2 a également été associé à des pertes du côté reproducteur, entre autres à l’augmentation de fœtus momifiés, de mort-nés et d’avortements. À cette époque, c’est le PCV2a qui était mis en cause dans la plupart des cas cliniques et qui dominait la scène. Par contre, les plus sages se souviendront de l’arrivée fulgurante du PCV2 de type b, au Québec, en 2004, qui entraîna de nombreux épisodes cliniques et se soldant en de grandes pertes de production, dues à la virulence de ce nouveau génotype. Heureusement, l’apparition des vaccins sur le marché a permis une accalmie et un bon contrôle de la maladie dans les élevages porcins. Même les élevages ne rapportant pas la maladie ont vu leurs gains moyens quotidiens s’améliorer et leurs mortalités diminuer à la suite de l’utilisation des vaccins.

Pendant plus d’une décennie et avec la vaccination systématique des porcs, cette maladie est donc retombée sous le radar. Mais depuis 2018, une augmentation marquée de cas a été diagnostiquée dans les laboratoires de santé animale du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) (voir la figure 1).

Figure 1.
Figure 1.

Cette recrudescence au Québec a tout récemment été associée avec l’apparition d’un nouveau génotype, le PCV2d. En effet, selon des cas cliniques soumis au laboratoire de diagnostic moléculaire du Centre de diagnostic vétérinaire de l’Université de Montréal, plus de 48 % des échantillons testés entre 2021 et 2023 seraient du génotype d, ce qui démontre une importante dérive en faveur de ce nouveau variant. Une question se pose maintenant : est-ce que le niveau d’immunité offert par les vaccins actuels est suffisant pour contrôler le PCV2d, qui gagne de l’ampleur en territoire québécois, canadien et mondial? Actuellement, les tests effectués en recherche démontrent que les vaccins basés sur le PCV2a et/ou le PCV2b offrent une protection croisée suffisante contre le génotype d. Par contre, les conditions sur le terrain peuvent être différentes des conditions de recherche, notamment en ce qui concerne les co-infections avec d’autres virus potentiellement présents dans nos élevages, tels que l’influenza ou le syndrome reproducteur et respiratoire porcin. 

Dans tous les cas, il devient capital de repenser sa stratégie vaccinale en élevage, afin de maximiser les résultats de production, en assurant un contrôle adéquat du circovirus. Qui dit contrôle dit diagnostic au préalable. Il est possible de faire de la surveillance du PCV2 en récoltant des fluides de castration, des prises de sang ou encore des fluides oraux. Ceci permet de documenter s’il y a de la circulation virale, à quel moment et de quel génotype il s’agit. Par contre, il est essentiel de se rappeler que le seul moyen fiable de diagnostiquer la maladie passe par la soumission d’animaux en nécropsie, afin de prouver que le virus est bien présent dans les tissus cibles et cause les lésions microscopiques classiques associées aux circoviroses. Ces résultats permettront au vétérinaire d’analyser si les bons animaux reçoivent la bonne dose, au bon moment, afin d’assurer un contrôle optimal. De plus, tout récemment, de nouveaux vaccins basés sur des génotypes de PCV2d sont maintenant disponibles au Canada, ce qui pourrait améliorer la stratégie vaccinale des élevages. Cependant, le meilleur vaccin est celui qui fonctionne. Il ne faut surtout pas négliger l’importance de la bonne conservation des vaccins, ce qui passe principalement par la stabilité thermique. Les variations de température à la hausse ou à la baisse ont le potentiel de sérieusement diminuer leur efficacité. Les mélanges de vaccins, le dosage, de même que le moment de la vaccination par rapport au stade de production ont aussi le potentiel d’influencer l’efficacité vaccinale. Conséquemment, il importe de travailler de pair avec son vétérinaire et les différents laboratoires de santé animale, qui pourront aider à éclaircir la situation particulière de l’élevage et d’en maximiser sa production.  


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