Pour aider à résister contre les infections bactériennes staphylocoques, la molécule 2,5,6-triaminopyrimidine-4-one (PC1) inhibe la croissance bactérienne en perturbant la synthèse de métabolites essentiels. Une nouvelle solution de rechange aux antibiotiques traditionnels. Sur la photo, une infection cutanée chez un porc causée par Staphylococcus hyicus. Photo : Marie-Odile Benoit-Biancamano
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S'abonner maintenantL’élevage d’animaux, qu’il soit porcin, bovin ou avicole, fait face à des défis sanitaires majeurs, notamment en ce qui concerne les infections bactériennes. Parmi elles, Staphylococcus est particulièrement préoccupant en raison de son rôle dans diverses infections animales et humaines. Ce genre inclut des souches résistantes aux antibiotiques, ce qui complique leur traitement et menace la santé animale et publique. L’émergence de résistances bactériennes, favorisée par l’élevage intensif et l’usage abusif des antibiotiques, représente un problème de santé publique croissant. Il est crucial de comprendre l’interaction entre ces bactéries résistantes et les élevages afin de mettre en place des stratégies efficaces de prévention et de contrôle.
Les staphylocoques, en particulier Staphylococcus aureus, sont des agents pathogènes courants chez de nombreuses espèces animales, notamment les bovins, les porcs et les volailles. L’utilisation excessive d’antibiotiques en élevage a favorisé l’apparition et la propagation de souches résistantes, notamment le S. aureus résistant à la méthicilline (SARM). Cette bactérie est responsable de nombreuses maladies allant des infections cutanées superficielles aux affections graves. Les souches de SARM sont particulièrement résistantes aux bêta-lactamines, ce qui complique leur traitement.
Les processus de résistance bactérienne, tels que le transfert de gènes de résistance entre les bactéries animales et humaines, sont exacerbés par des pratiques agricoles inadéquates, comme l’utilisation prophylactique d’antibiotiques.
Ces transmissions peuvent se faire par contact direct avec des animaux infectés ou par la manipulation de produits d’origine animale contaminés. La résistance aux antibiotiques complique également le traitement des infections, tant chez l’humain que chez l’animal.
Pour limiter la propagation de la résistance, il est essentiel de réduire l’usage des antibiotiques en agriculture et d’adopter des stratégies de prévention efficaces. En 2018, le Canada se classait parmi les pays les plus grands utilisateurs d’antimicrobiens vétérinaires, avec 75 % des antibiotiques mondiaux destinés aux animaux d’élevage.
Face à ce défi, de nouvelles alternatives aux antibiotiques traditionnels émergent. Parmi celles-ci, la molécule 2,5,6-triaminopyrimidine-4-one (PC1) se distingue. Ce composé inhibe la croissance bactérienne en perturbant la synthèse de métabolites essentiels, montrant une activité prometteuse contre les staphylocoques, notamment S. aureus et S. hyicus. Des études ont montré que PC1 inhibe efficacement la croissance de ces bactéries à de faibles concentrations, même pour des souches multirésistantes.
Un des avantages majeurs de PC1 est son absence de résistance croisée avec les antibiotiques conventionnels, renforçant son potentiel comme option thérapeutique. Pour lutter contre la résistance bactérienne, une action concertée entre les secteurs agricoles et de la santé publique est nécessaire. Les agriculteurs ont un rôle crucial dans cette lutte, en adoptant des pratiques d’hygiène rigoureuses, une gestion judicieuse des antibiotiques et en explorant des solutions de rechange comme PC1.
Faculté de médecine vétérinaireUNIVERSITÉ DE MONTRÉAL
