Quand nos yeux nous disent que c’est sale, c’est effectivement sale. Cependant, ce qui nous semble propre n’est pas toujours propre. Photos : Nicole Ruest
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S'abonner maintenant« Mes génisses à la louve sont malades. Je suis découragée. » C’est sur ce cri du cœur que Caroline m’informe que le « diable est aux veaux ». Il faut savoir que Caroline est une productrice très consciencieuse qui a une bonne régie.
Elle donne quatre litres de colostrum à un Brix de 25 % et plus, ainsi que le lait des premières traites de la mère. Elle retarde l’entrée à la louve de 14 jours. Le parc est paillé et propre. Malgré tout, ça ne va pas.
En effet, les veaux sont prostrés et il y a présence de diarrhée dans le parc. Ils semblent avoir mal au ventre. « Et comment va la louve? » que je lui demande. Caroline m’explique que la louve fait ses lavages au savon, que le malaxeur est nettoyé lorsqu’il est sale et que les tétines sont changées tous les jours. J’informe Caroline que j’ai un nouvel outil qui me permet de vérifier l’hygiène de la louve, un luminomètre. Cet appareil détecte la présence de matière organique et le résultat est obtenu en 15 secondes. Quand nos yeux nous disent que c’est sale, c’est effectivement sale. Cependant, ce qui nous semble propre n’est pas toujours propre. C’est très petit, une bactérie.

J’effectue des prélèvements sur la louve, je vérifie le malaxeur, le tuyau alimentaire et les petites pièces. Les résultats parlent d’eux-mêmes. Le luminomètre indique des valeurs élevées en unités relatives lumineuses (RLU), ce qui reflète une contamination importante. J’explique à Caroline que ce ne sont pas toutes les pièces qui sont lavées lors du nettoyage automatisé de la louve. Il faut compléter avec un lavage manuel, ce qui ne semble pas réjouir la productrice, inquiétée par la quantité de travail supplémentaire que ça représente. Je lui propose mon aide pour laver la louve et je lui fournis une brosse adaptée pour le tuyau. Je teste à nouveau avec le luminomètre les différentes pièces afin de vérifier notre protocole de lavage. Tout est beau! Caroline est contente, mais un peu inquiète de manquer de temps pour accomplir ce travail quotidiennement. Je lui fais alors comprendre qu’un veau malade allonge bien plus la journée que cette tâche ajoutée.
Quelques semaines après, je croise Caroline et je prends des nouvelles de ses génisses. Tout le monde est en forme et elle a réussi à intégrer cette tâche supplémentaire dans sa routine. Des génisses en santé, ça vaut de l’or, car elles grandissent vite et on peut espérer une bonne production future. Et surtout, elle a l’esprit tranquille. Le bien-être des animaux a un effet positif sur le nôtre. Alors, donnons plus d’amour à nos louves et nous serons tous plus heureux!

En collaboration avec l’Association des Médecins Vétérinaires Praticiens du Québec :