Cette étude vise à éclairer les décisions futures en matière de rétribution des services écosytémiques et de gestion des agrosystèmes québécois. Photo : Gracieuseté de l’IRDA
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S'abonner maintenantLes cultures pérennes, telles que les prairies, se distinguent par leur capacité à enrichir les sols en matière organique, à stimuler l’activité microbienne et à améliorer la résilience des sols face aux aléas climatiques. Pourtant, bien que cruciaux, ces services sont encore sous-évalués, notamment d’un point de vue économique.
Dans les grandes cultures, les cultures de couverture (CC) représentent également une option prometteuse pour améliorer la santé des sols et atteindre les objectifs du Plan d’agriculture durable du Québec. Cependant, les effets à court et moyen terme de ces pratiques sur les sols, les émissions de gaz à effet de serre (GES) ou la qualité de l’eau demeurent peu documentés.
C’est dans ce contexte que s’inscrit notre étude, qui sera menée à la ferme expérimentale de l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement, à Saint-Lambert-de-Lauzon, de 2025 à 2029. Grâce à un essai de longue durée (30 ans) de régies contrastées, nous comparerons les effets de différentes pratiques agricoles – prairies récurrentes dans la rotation et fumier bovin vs fertilisation minérale et introduction annuelle de CC – sur une série de services écosystémiques (SE) clés. Notre objectif est double : évaluer scientifiquement les SE rendus par ces pratiques et en estimer la valeur économique.
Mesures clés pour évaluer les effets sur le sol, l’eau, l’air et les rendements
Le cyclage des nutriments sera notamment évalué sur la disponibilité d’azote dans le sol à l’aide de membranes d’échange ioniques. La qualité de l’eau sera comparée par le suivi du nitrate lessivé sous la zone racinaire. Les émissions de GES ainsi que les stocks de carbone et d’azote seront quantifiés et un bilan global des flux de carbone (C) et d’azote (N) au sein des rotations sera réalisé. La santé des sols sera analysée à l’aide de tests reconnus (Cornell et Haney) et par la description de la biodiversité génétique des sols (marqueurs taxonomiques et fonctionnels liés au cycle de l’azote). Enfin, les rendements des cultures seront mesurés afin de relier performances agronomiques et bénéfices environnementaux.
En documentant rigoureusement d’un point de vue environnemental et économique les pratiques agricoles durables, cette étude vise à éclairer les décisions futures en matière de rétribution des SE et de gestion des agrosystèmes québécois.
Ce projet est mené en collaboration avec des experts de renom, dont Philippe Constant, de l’Institut national de recherche scientifique, Jérôme Dupras, de l’Université du Québec en Outaouais, Patrick Brassard, de l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA), ainsi que le Conseil québécois des plantes fourragères. Il est financé par l’entremise du Programme Innovation bioalimentaire 2023-2028, Volet 2 – Recherche appliquée, développement expérimental et adaptation technologique, en vertu du Partenariat canadien pour une agriculture durable, une entente conclue entre les gouvernements du Canada et du Québec.