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S'abonner maintenantDans le milieu agricole, on a l’habitude de « serrer les dents », de persévérer, peu importe les embûches, de « faire avec ». Qu’il pleuve, neige ou vente, les animaux ont besoin d’être nourris et les récoltes n’attendent pas. Cette résilience, cette capacité à affronter l’adversité, est admirable… Mais elle peut aussi devenir un poids quand elle empêche de reconnaître qu’on va mal, qu’on est épuisé, qu’on a besoin d’aide. Trop souvent, les agriculteurs et les agricultrices hésitent à consulter en raison de mythes tenaces sur l’aide psychosociale. Pourtant, personne n’est à l’abri d’un passage difficile. Et demander de l’aide, ce n’est pas abandonner, c’est plutôt se donner les moyens de continuer. Il est grand temps de briser les préjugés sur l’aide psychosociale en milieu agricole!
« Se faire aider/consulter, c’est pour les faibles. » Dans le monde agricole, on valorise la force, la débrouillardise, la ténacité, le fait de ne pas se plaindre. Alors, aller chercher de l’aide quand on se sent dépassé peut sembler, à tort, un aveu d’échec. Cependant, rappelez-vous qu’il faut plus de courage pour demander de l’aide que pour souffrir en silence. Un producteur qui consulte pour sa santé mentale ne perd pas sa dignité. Au contraire, il agit en chef d’entreprise responsable, soucieux de son équilibre personnel, mais aussi de la pérennité de sa ferme et de sa main-d’œuvre.
Je vais être capable de passer au travers tout seul.
C’est une phrase qu’on entend très (trop) souvent. Toutefois, même les meilleurs agronomes ont besoin de conseils, et même le plus vieux tracteur qu’on pensait « invincible » finit par tomber en panne. On ne remet pas en question l’aide d’un vétérinaire ou d’un mécanicien : pourquoi serait-ce différent pour sa santé psychologique? S’en sortir seul, c’est noble. Néanmoins, s’en sortir mieux, accompagné, soutenu, c’est plus durable.
« Ce n’est pas en parlant que mes dettes vont disparaître. » C’est vrai : parler à un intervenant ne changera pas la météo, n’effacera pas les factures ni les dettes. Mais ce que ça peut changer, c’est la façon de porter ce poids. L’aide psychosociale ne fait pas de miracles, mais elle offre un espace pour ventiler, remettre les choses en perspective et sortir de l’isolement. Souvent, un regard extérieur permet de trouver des solutions et des forces qu’on ne voyait plus, à force d’être pris dans le quotidien.
« Les professionnels ne comprennent pas le milieu agricole. » Ce préjugé peut avoir du vrai… mais de plus en plus d’intervenantes, comme les travailleuses de rang, sont formées pour accompagner la communauté agricole. Ayant une bonne connaissance et une bonne compréhension des réalités et enjeux agricoles (pression financière, travail constant, endettement, imprévisibilité du climat, etc.), ces intervenantes parlent le même langage que vous et vous proposeront des stratégies adaptées à votre quotidien d’entrepreneur.
« Je n’ai pas le temps pour ça. » Quand on travaille du matin au soir (et parfois même la nuit!), difficile d’imaginer trouver du temps pour rencontrer un intervenant psychosocial. Pourtant, c’est un peu comme ignorer une douleur physique en espérant qu’elle parte : plus on attend, plus ça empire. À cet égard, les services de travail de rang offrent une belle flexibilité : appels téléphoniques (même dans votre tracteur), visites à la ferme, rencontres en dehors des heures régulières, durée et fréquence adaptées aux besoins de chacun. Il s’agit souvent d’une petite heure qui peut faire une grosse différence.
Bref, vivre de la terre demande une force incroyable. Mais n’oubliez pas que même les sols les plus fertiles ont besoin d’être entretenus! C’est la même chose pour la santé mentale. Il n’y a pas de honte à aller chercher de l’aide. Il y a juste de l’humanité. En démystifiant les fausses croyances, on cultive quelque chose d’essentiel : le droit de ne pas aller bien… et celui de se relever, ensemble.
Besoin d’aide?
Si vous avez des idées suicidaires ou si vous êtes inquiet pour un de vos proches, contactez le 1 866 APPELLE (1 866 277-3553). Un intervenant en prévention du suicide est disponible pour vous 24 heures sur 24, sept jours sur sept.
Pour l’aide d’un travailleur de rang, contactez le 450 768-6995 ou par courriel [email protected].