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S'abonner maintenantAujourd’hui, je vous propose quelque chose de différent : une chronique à visage découvert. Pour faire changement, oui, mais surtout parce que le vrai, le beau, ça mérite d’être partagé tel quel, sans filtre, par ceux et celles qui le vivent. Soyez sans crainte, je les ai consultés avant de publier ce texte et j’espère que mes mots seront à la hauteur de l’amour que je ressens pour eux. C’est l’histoire d’une gang soudée, unie par des racines agricoles, qui se réunit chaque semaine pour prendre du temps ensemble : la gang du volleyball.
Chaque vendredi, depuis près de 30 ans, ce groupe d’anciens producteurs et productrices, maintenant presque tous à la « retraite » – un bien grand mot qui signifie surtout, « en faire autant qu’avant, mais en étant juste plus vieux » – se réunit dans le gymnase de Sainte-Thècle pour jouer au volleyball. Les équipes, formées au hasard, jouent plusieurs manches de 15 points durant une heure. Et laissez-moi vous dire : le niveau est surprenant!
Bon, c’est certain que Jacques et Edgar se déplacent sur environ deux pieds de chaque côté, que Claude échappe des petits sons chaque fois qu’il touche le ballon, et que toute tentative de plongeon pour atteindre le ballon peut nécessiter un moment – ou un coup de main – pour se relever. Mais quand même : la moyenne d’âge doit tourner autour de 70 ans. Petite confidence : je m’organise toujours pour être dans l’équipe de Yolande ou de Gaétan parce que leurs smashes me font encore peur! Ça paraît que ces gens-là ont travaillé fort dans leur vie : ils sont en forme, et ça se voit. J’appelle ça, les
« grands-mamans (moments) » du sport!
Après la game, direction resto, Au petit palace nous attend. Au menu : tournée de rousse en pinte et placotage. Depuis 30 ans, c’est toujours la même répartition, les monsieurs d’un bord, les madames de l’autre. Au fil du temps, des traditions ont été créées. Par exemple, le classique tour du dessert lors des anniversaires : on commande un seul dessert et chacun, à tour de rôle, en prend une bouchée. Des branches de coopératives d’utilisation de matériel agricole se sont aussi développées lors de ces rencontres, faisant ainsi croître les liens professionnels. Des voyages dans le sud se sont organisés et même des partys de crabes!
Ce qui est le plus touchant, c’est que les membres de la gang se sont accompagnés dans le beau comme dans les périodes plus difficiles de leur vie : naissances, décès, ventes de ferme, réorientations de carrière, séparations, coming-out, maladies, accidents… Chacun, à sa façon, apporte quelque chose au groupe, mais ce qui les unit si fort, c’est leur profonde bienveillance les uns envers les autres. Plus que des amis, ils sont devenus une famille de cœur. Pour vous illustrer l’importance de leur amitié, lorsque Jocelyn a eu un grave accident, Andréanne, sa conjointe, le sortait de l’hôpital pour venir regarder les matchs, avant de le raccompagner à sa chambre.
Aujourd’hui, ils incluent les enfants et les petits-enfants dans leur ligue. Et ça, c’est une richesse de sagesse et d’humour! L’agriculture les a rassemblés, et semaine après semaine, ils prennent soin de nourrir cette amitié. Finalement, personne ne se rappelle le pointage ni ne s’obstine sur les règlements. Et de toute façon, c’est toujours France qui a raison pour décider si le point compte ou non. Mais une chose est sûre : tout le monde gagne, simplement par le temps passé ensemble. La gang du volley, vous êtes vraiment « pas pires ». Vous êtes surtout la preuve que le monde agricole tisse des liens solides et durables.
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