Photo : SKT Studio/Shutterstock
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Les chers irritants. Ces petites choses qui nous mettent les nerfs à vif, souvent bien plus qu’on ne voudrait l’admettre. Et en agriculture, ils ne manquent pas! Il y a la pluie qui tombe au pire moment, le tracteur qui décide de faire la grève en pleine récolte ou encore la paperasse à remplir avec des termes compliqués et longs comme l’hiver. Oui, les frustrations font partie intégrante de la vie à la ferme. Et elles pèsent parfois lourd.
Plusieurs études menées au Québec, au Canada et ailleurs dans le monde témoignent de niveaux élevés de stress en agriculture, principalement liés à des éléments extérieurs, comme les contraintes administratives, la pression économique et la météo. Ah, la fameuse frustration en lien avec la météo! Vous savez, celle que toute la population agricole connaît et qu’on ne maîtrise jamais. Sans oublier les bris d’équipement en pleine saison, les bêtes malades malgré tous les soins, ou le regard mal informé des gens qui ont des préjugés face à l’agriculture.
Et si, plutôt que de subir ces colères silencieuses, on les regardait autrement? Chaque irritation, chaque bouffée de trop-plein, c’est le signal d’un besoin qui n’est pas respecté. Le besoin d’être entendu, soutenu, respecté dans son travail, reconnu dans sa compétence. Parce que derrière chaque frustration, il y a souvent une forme de fatigue ou d’impuissance.
Mais, il existe des outils. Pas pour supprimer les irritants, car ils sont inévitables, mais pour ne pas leur laisser toute la place.
Des chercheurs de Stanford ont démontré que de pratiquer la reformulation cognitive, autrement dit changer notre façon de percevoir une situation, permettrait de réduire significativement le stress ressenti. C’est un peu comme regarder un mauvais épisode de sa vie en se rappelant que ce n’est qu’un épisode, pas toute la saison.
Donc, bonne nouvelle : notre cerveau s’adapte à la frustration grâce à la neuroplasticité, qui lui permet de modifier ses connexions neuronales avec l’expérience. Notre cortex préfrontal régule les émotions et contrôle les impulsions. La réévaluation cognitive permet de changer notre perception d’une situation frustrante. Nous parlons alors d’apprentissage par expérience. Chaque situation difficile surmontée rend le cerveau plus apte à gérer la suivante. Notre résilience se renforce avec l’habitude, rendant la gestion des frustrations plus facile. Grâce à la dopamine, le cerveau apprend à ajuster ses attentes pour réduire les déceptions. En d’autres mots, avec le temps et l’entraînement, le cerveau devient plus apte à gérer la frustration en favorisant des réponses calmes et adaptées.
Il y a aussi la respiration profonde, la pleine conscience, les micropauses, l’exercice physique, la musique, l’humour ou même la discussion sans retenue avec un voisin de confiance : autant de petits exutoires qui aident à relâcher la pression. Et puis, soyons honnêtes : se plaindre, ça fait du bien! Pas pour « chialer » dans le vide, mais pour déposer, l’espace d’un moment, ce qui pèse sur nos épaules. Et, pourquoi pas, trouver ensemble des solutions, ou bien simplement du soutien. Car en agriculture, plus qu’ailleurs, on avance souvent seul, mais on tient grâce aux autres. Également, noter en quelques mots ce qui nous a frustré peut être un bon moyen. Juste le fait de l’écrire décharge la tension émotionnelle et clarifie les pensées. Enfin, il faut parfois se demander : « Est-ce que c’est si grave que ça? » Cela permet de relativiser l’importance de la situation vécue.
Bref, les irritants sont là. Ils font partie du métier et de la vie en général. Mais ils ne sont pas là pour nous écraser. Ils sont là pour nous rappeler ce qui compte. Et, peut-être, pour nous inviter à lever le pied un instant, ne serait-ce que pour souffler et mieux repartir. N’hésitez pas à bénéficier d’une aide professionnelle si les irritants du quotidien vous envahissent et nuisent à votre bien-être.
Besoin d’aide?
Si vous avez des idées suicidaires ou si vous êtes inquiet pour un de vos proches, contactez le 1 866 APPELLE (1 866 277-3553). Un intervenant en prévention du suicide est disponible pour vous 24 heures sur 24, sept jours sur sept.
Pour l’aide d’un travailleur de rang, contactez le 450 768-6995 ou par courriel [email protected].