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S'abonner maintenantPour donner le ton à cette chronique, je me suis dit : « Quoi de mieux pour commencer que cette bonne vieille expression agricole que j’affectionne tant : ‘‘J’ai vêlé’’? » On va aborder un sujet que je connais bien, et j’ai nommé la maternité. Au moment d’écrire ces lignes, je suis enceinte de mon deuxième bébé, en fin de troisième trimestre. J’entre dans ce stade où, lentement, je me prépare à l’accouchement. Certaines comparent cet évènement à un marathon, d’autres à un cauchemar. Certaines en ont peur et souhaitent que ce moment soit derrière elles « au PC ». D’autres, comme moi, sommes enthousiastes et « aimons » ça (ben oui, call me crazy!)
Ce n’est pas juste un moment de rencontre avec un p’tit bout de vie qui s’est installé et qui a grandi au fil des mois. C’est un moment où toute la puissance de la femme est mise en lumière. Sérieusement, mesdames, on va se le dire, notre corps est hyper impressionnant!
Je dois vous avouer que ma vision positive de cette étape si marquante dans la vie d’une femme a été fortement influencée et teintée par la vie agricole. En effet, voir et assister des vaches à l’accouchement a grandement contribué à rendre l’expérience moins effrayante. Je vous le jure, à la naissance de mon fils, j’ai tellement pensé aux vaches. Oui, ça peut faire rire, mais nous sommes aussi des mammifères et nos naissances ne sont pas très différentes : y’a des lenteurs, y’a des fluides en tout genre, des cris, des interventions et des gens bienveillants qui sont là pour nous aider.
Comme travailleuse de rang, comme femme et comme féministe, je crois qu’on aurait avantage à collectivement se rapprocher de ce qui se passe dans la nature. Je crois que beaucoup de femmes gagneraient en confiance et en assurance si elles étaient davantage exposées à ces évènements. Autrefois, les naissances se vivaient en famille, les plus vieilles étaient spectatrices et aidantes, s’occupaient des petits et voyaient comment se déroulaient les différentes phases : l’accouchement, l’allaitement, etc. Aujourd’hui, plusieurs nouvelles mamans n’auront de contact avec des bébés naissants que lorsqu’elles donneront elles-mêmes naissance. Le monde agricole est sans contredit un monde aux valeurs familiales où les naissances et la maternité sont sacrées. Je voulais prendre le temps de souligner à quel point c’est beau et touchant. Bien sûr, la maternité des femmes en agriculture comporte encore son lot de défis et d’injustices. Certes, le combat est loin d’être terminé, mais n’empêche, je ressens tout l’amour et le désir d’amélioration des conditions que les gens ont pour la cause.
J’ai envie de vous glisser une anecdote du monde des accouchements. Dans son balado Canal vaginal, la physiothérapeute Mélanie Claveau parle des pires inventions du monde de l’accouchement. Eh bien, croyez-le ou non, mais la chainsaw de votre chum a été inventée initialement pour faire des césariennes… (oui, on peut assurément ressentir un grand frisson pour ces femmes!).
Sur une autre note, comme intervenante psychosociale, j’ai envie d’inviter toutes les futures mamans stressées ou anxieuses à l’idée d’être enceinte et/ou de donner naissance à regarder attentivement la nature qui les entoure. La nature ne se pose pas de questions, elle sait. La nature n’anticipe pas, elle vit le moment présent, sans attente. Entourez-vous de récits de femmes qui vous nourriront, vous inspireront et vous apporteront de la douceur, et non des craintes. Faites-vous confiance. Vous avez une force intérieure que vous ne soupçonnez pas. Le corps de la femme est un véhicule extraordinaire, depuis des millénaires, pour porter la vie. Célébrons-le!