Balado 6 juin 2025

L’importance de soutenir les médias régionaux et spécialisés

La Terre de chez nous vient de lancer une campagne de sensibilisation intitulée Si nous cessions d’exister, vous pourriez en être renversés. Pour discuter de l’importance de soutenir les médias régionaux et spécialisés, l’animateur du Son de la Terre a rencontré le président du Conseil de presse du Québec, Pierre-Paul Noreau, et la rédactrice en chef de La Terre de chez nous, Ariane Desrochers. 

Q  C’est quoi au juste, la crise des médias?

R  (Pierre-Paul Noreau) : Si j’avais à donner un moment où ça a éclaté, à mon avis, c’est vraiment à l’époque d’entrée des médias sociaux. Ça a fragilisé les modèles d’affaires qui existaient à l’époque dans les médias traditionnels. Le lectorat s’est effrité un peu parce qu’on avait d’autres sources d’informations qui étaient gratuites. Il y a eu d’autres causes, comme la disparition du Publisac, par exemple, qui a empêché des petits médias régionaux d’atteindre les foyers. 

Q  Quel est l’objectif de La Terre de chez nous avec sa campagne au slogan alarmiste?

R  (Ariane Desrochers) : Je vous rassure, La Terre n’est pas sur le point de disparaître. On existe depuis plus de 95 ans et on a bien l’intention de continuer d’exister encore longtemps, mais on veut secouer le pommier. On veut faire en sorte que les gens ne nous tiennent pas pour acquis et prennent conscience que si on tient à son média, à garder un média spécialisé en agriculture, il faut s’abonner, il faut le consulter, il faut passer à l’action parce que sinon, on pourrait en arriver à un scénario comme celui-là. C’est un slogan choc, et en intitulant notre communiqué de presse Si les médias cessaient d’exister, le public pourrait en être renversé, on a voulu être inclusifs et démontrer que, dans le fond, ce sont les médias régionaux et spécialisés en général qui sont en cause. Ils ne fonctionnent pas tous par abonnement, mais à tout le moins, de consulter nos médias, c’est de les soutenir.

R  (Pierre-Paul Noreau) : Et le conseil félicite l’initiative. Vous savez qu’il n’y a que 11 % des francophones du Canada qui paient pour avoir accès à de l’information. Il nous en reste 89 % à conquérir. La bonne nouvelle, c’est qu’on a beaucoup de place pour progresser. La mauvaise, c’est que, mon Dieu, on n’est pas tellement nombreux à mettre la main dans notre poche pour avoir de l’information de qualité.

R  (Ariane Desrochers) : On ne paie peut-être pas pour de l’information, mais on paie pour des abonnements Netflix, Spotify. On paie pour une multitude de choses dans notre quotidien. Pourquoi ne pas payer quelques dollars à peine pour de l’information de qualité? Dans notre cas, avec un abonnement de trois ans, ça revient à moins d’un dollar par semaine. Ce n’est pas beaucoup pour recevoir son journal à sa porte.

Q  Le Conseil de presse du Québec a également lancé une campagne, en avril, intitulée T’as pris ça où? Quel est le public cible?

R  (Pierre-Paul Noreau) : On sait que 64 % des 18-30 ans vont chercher essentiellement leur information sur les réseaux sociaux uniquement, alors on a voulu les cibler. As-tu pris l’information sur Snapchat, sur TikTok, sur Facebook? Ce qu’on leur dit, c’est : « Va valider l’information avec d’autres sources. Essaie de voir dans des médias plus crédibles ou reconnus, si l’information s’y trouve. » On explique les démarches de vérification que les médias traditionnels font. Mais on essaie de faire tout ça en parlant leur langage, avec des images qui touchent les jeunes et qui les font réagir.  


Démontrer votre soutien en publiant sur vos réseaux sociaux une photo avec votre journal à l’envers et le mot clic #sinouscessions. Pour en apprendre plus sur le rôle du Conseil de presse du Québec et sur l’importance d’appuyer un média comme La Terre de chez nous :