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S'abonner maintenantEn prévision de la Journée de la santé, de la sécurité et du mieux-être en agriculture, qui se tiendra le 15 avril, l’animateur du balado Le son de la Terre, Vincent Cauchy, s’est entretenu avec Paul Doyon, premier vice-président de l’Union des producteurs agricoles, responsable notamment du dossier de la santé et de la sécurité au travail, de même qu’avec Serge Tremblay, un producteur qui a frôlé la mort, en 2019, après avoir été exposé aux gaz de silos. Voici quelques extraits de cet entretien.
Q Pourquoi est-ce que de tenir une journée comme celle-là, à la mi-avril, est important, en 2025?
R (Paul Doyon)C’est le début de la période intensive en agriculture et c’est pourquoi on a déterminé que c’était un bon moment pour prendre un temps d’arrêt et réfléchir à ces enjeux. Il faut se rappeler qu’il en arrive encore, des accidents. Régulièrement, en regardant la revue de presse le matin, on en voit, des accidents de ferme. On est toujours shaké par ce genre d’événements-là. Parfois, c’est grave; parfois, ce l’est moins, mais c’est toujours un accident de trop. Une sensibilisation en continu peut permettre de développer un réflexe tout au long de nos activités et se demander constamment si nos actions sont sécuritaires.
R (Serge Tremblay) On veut tout faire trop rapidement. Dans le rush des travaux, on manque de temps. Les journées ne sont pas assez longues, alors tout se fait sans y penser. On pense par après, mais parfois, il est trop tard. De mon côté, j’ai décidé d’en faire un peu moins, de courir un peu moins.
Q Quelles sont les raisons qui expliquent que les agriculteurs négligent parfois leur propre sécurité?
R (Paul Doyon)Une belle saison, quand tout roule bien, on a l’occasion d’effectuer nos travaux au fur et à mesure. Mais il y a des années où la météo n’est pas de notre bord et où on accumule du retard. La journée où il fait beau, on voudrait faire quatre jours dans un seul. Ce sont de longues heures de travail qui s’accumulent et on est moins alerte, on manque de sommeil, on veut faire 10 000 affaires en même temps. Ça vient avec des risques, tout ça. Et de plus, tout ça peut entraîner une fatigue chronique, qui va venir affecter la santé mentale et psychologique, quand on s’aperçoit qu’on n’arrive pas à prendre le dessus.
Q Est-ce qu’il y a beaucoup de travail à faire pour éliminer cette impression que ça n’arrive qu’aux autres, des accidents?
R (Serge Tremblay) La chose la plus importante, c’est la santé. Et on est tous un peu pareils; on oublie de faire attention. C’est facile de dire qu’il faut faire attention. Souvent, on regarde les nouvelles et on se dit qu’on fait
attention, que ce genre d’accident, ça n’arrive pas chez nous. C’est totalement faux. J’étais le premier à dire ça quand il y avait eu d’autres cas [de victimes des gaz de silos] dans notre secteur. Je me disais que ça n’arrivait que chez les voisins, que je faisais attention. Mais c’était totalement faux.
R (Paul Doyon)L’an dernier, il y a des préventionnistes qui sont venus à ma ferme. On pensait que tout était correct et on a appris qu’il y avait quelques éléments qui pouvaient être améliorés. Les risques sont tellement variés. Par exemple, l’an dernier, un de mes fils s’est fait blesser par une vache. La manipulation des animaux, il faut aussi en tenir compte. Ça peut arriver, des bad lucks. Il y a aussi la machinerie. Parfois, ça prend seulement quelques secondes, par exemple, comme pour mettre un cale en dessous d’une roue pour éviter qu’une voiture se déplace. Ce sont quelques secondes qui peuvent faire toute la différence.
Pour écouter l’échange complet et notamment entendre Serge Tremblay raconter sa mésaventure :