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S'abonner maintenantL’animateur du balado Le son de la Terre, Vincent Cauchy, a eu l’occasion de s’entretenir pendant presque une heure avec la présidente-directrice générale de Financement agricole Canada (FAC), Justine Hendricks. En voici quelques extraits.
Q Comment est né FAC?
R Financement agricole Canada a été créé en 1959, après la Deuxième Guerre, pour créer une certaine ampleur dans le secteur de l’agriculture. En fait, au moment de sa création, une des conditions pour être éligible à un prêt chez FAC, c’était d’avoir essuyé des refus de la part de deux institutions financières.
Q Donc, il fallait avoir été refusé deux fois par des institutions pour déposer une demande chez FAC?
R Exactement. Ce qui fait que dans les années 1980, nous avons connu certaines difficultés. La raison est simple, c’est que les prêts n’étaient pas nécessairement les prêts de meilleure qualité parce qu’on était le prêteur de dernier recours. Puis, la législation a changé et nous sommes devenus une banque commerciale comme les autres. Ça nous a permis d’avoir plus de succès et de ne plus, justement, être un prêteur de dernier recours. Quand je regarde aujourd’hui, FAC est rendu avec un portefeuille de 63,5 milliards de dollars. Ça fait 29 ans consécutifs que nous émettons un dividende important au gouvernement. Ça démontre à quel point notre histoire a évolué depuis 1959.
Q Avez-vous noté des changements dans l’évolution de la productivité agricole au fil des années?
R Jusqu’aux années 1990, les données indiquaient que le seuil de la productivité canadienne augmentait en moyenne de 2 % par année. Aujourd’hui, la productivité du secteur augmente plutôt de 0,9 % par année. On a perdu cette augmentation de productivité que nous avions. De notre côté, chez FAC, on voit un lien direct entre l’augmentation de la productivité et l’innovation. Si tu investis dans l’innovation, dans les nouvelles pratiques, dans la technologie agricole, tu es capable d’accélérer le temps entre l’idée et la commercialisation. Plus ce cycle-là va être rapide, plus tu vas augmenter ta productivité.
Q Et concrètement, qu’est-ce que vous faites pour investir dans l’innovation?
R En 2024, nous avons créé une nouvelle ligne d’affaire qui s’appelle FAC Capital de risque. On s’est dit qu’on allait investir avec ampleur dans la technologie agricole. À date, pour chaque dollar investi dans la technologie ou dans des compagnies, en équité, on est capables d’attirer environ trois dollars du secteur privé, ce qui est un excellent ratio, qu’on vise à améliorer encore plus. C’est là qu’on tente d’avoir cet impact et de revenir à cette augmentation de 2 % par année. Si nous sommes en mesure de revenir à ce seuil-là, ça pourrait rajouter environ 31 milliards de dollars au PIB canadien. C’est significatif. Et ça pourrait aussi créer 23 000 emplois. Et ça, c’est pour l’agriculture primaire propre. Ce sont de gros enjeux et on veut être capables de faire notre part pour le secteur et le marché.
Pour écouter la totalité de l’entrevue et en apprendre plus sur ce qui a poussé Justine Hendricks vers le monde agricole, rendez-vous au laterre.ca/balado.
