Actualités 20 mai 2016

Une résolution pour contrer l’importation de lait diafiltré

Puisque l’agriculture et la production laitière sont des secteurs vitaux pour sa région, la Chambre de commerce et de l’industrie Les Maskoutains vient d’appuyer une résolution de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) envoyée à la Fédération canadienne des Chambres de commerce afin de contrer l’importation de lait diafiltré.

Nous reproduisons ici le texte:

Question

Les importations de lait diafiltré fragilisent les producteurs canadiens de lait et constituent une brèche dans le système de gestion de l’offre défendu par le gouvernement canadien.

Contexte

Le lait diafiltré est un concentré protéique de lait en poudre qui est utilisé dans la fabrication de certains produits, dont le fromage. Ce produit n’est pas utilisé dans la production fromagère aux États-Unis. Il est cependant importé au Canada, en provenance des États-Unis.

Le lait diafiltré est considéré comme un produit laitier par l’Agence canadienne des aliments (ACIA). Malgré cette évidence,  le lait diafiltré est considéré comme un simple ingrédient à la frontière, ce qui lui permet d’échapper aux tarifs douaniers imposés au lait, aux œufs et à la volaille en vertu du système canadien de la gestion de l’offre.

En 2015, les importations de protéines laitières ont atteint plus de 32 000 tonnes, comparativement à environ 21 000 tonnes l’année précédente. L’augmentation exponentielle des importations de lait diafiltré déséquilibre la gestion de l’offre et a un impact très négatif sur le revenu des producteurs. Les pertes liées à ces importations sont estimées à entre 15 000 $ et 18 000 $ par année par ferme familiale.

Au cours des dernières années, le gouvernement canadien a déployé d’importants efforts afin de protéger les régimes canadiens de gestion de l’offre de certains produits agricoles, notamment lors des négociations du Partenariat transpacifique. En toute cohérence, il doit prendre les mesures pour que les règles d’application de ce régime contribuent à stabiliser cette industrie.

Selon les experts consultés par la FCCQ, il semble que la solution la plus indiquée consisterait à faire respecter l’esprit et la lettre des normes fromagères existantes de façon à traiter le lait diafiltré comme un ingrédient laitier.

Il s’agit d’un enjeu économique important pour plusieurs  régions du Canada. Selon les données du Centre canadien d’information laitière (du gouvernement fédéral), le Canada comptait, en 2014, près de 12 000 fermes laitières qui génèrent des recettes de plus de 6 milliards de dollars. Il y a 444 usines de transformation du lait au pays qui effectuent des livraisons manufacturières d’une valeur de 17,3 milliards de dollars. 

Il est essentiel de ne pas déstabiliser cette industrie. Il y a urgence d’agir parce que les importations augmentent rapidement, ce qui affectera de plus en plus lourdement le revenu des producteurs agricoles canadiens.

Recommandations

Que le gouvernement fédéral:

Applique les normes fromagères canadiennes établies en 2007 par le gouvernement fédéral  sur la production des fromages au Canada et qu’en conséquence, il traite à la frontière le lait diafiltré comme un ingrédient laitier. 

 

Résolution présentée par la Fédération des chambres de commerce du Québec  et coparrainée par la Chambre de commerce et de l’industrie Les Maskoutains