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S'abonner maintenantÊtes-vous de ceux qui dégustent de la salicorne avec une bonne bière? Vous ne savez pas ce que c’est? Aussi appelée pattes d’alouette ou tétines de souris, cette plante servait à traiter le scorbut du temps de la Nouvelle-France. Claudie Gagné, cueilleuse de métier, l’a remise au goût du jour, tout comme les plantes comestibles de bord de mer autrefois reconnues pour leurs vertus médicinales.
Claudie Gagné a décidé de faire son petit bonhomme de chemin hors des sentiers battus. La jeune femme cueille des plantes comestibles de bord de mer et le fruit de son labeur se retrouve sur les plus grandes tables de la restauration de fine cuisine comme le Laurie Raphaël et le Toqué! Ce n’est pas rien.
Elle doit cette vocation à sa rencontre, à 17 ans, avec François Brouillard, qui cueillait des plantes sauvages près du fleuve. « Je tripais, littéralement. Je sentais que François n’était pas sur ma route pour rien, que notre rencontre allait me mener loin », confie la jeune femme, une douzaine d’années plus tard. À ce moment, elle décide de travailler pour fournir Les Jardins Sauvages, l’entreprise de François. « Je cueillais des plantes sauvages la semaine que je lui envoyais par autobus », raconte Claudie, qui squatte alors chez son père, avec son frigo, sa table et sa balance. Nomade, elle déniche un vieil autobus scolaire qu’elle transforme en atelier. C’est à son bord qu’elle sillonne la côte du Kamouraska, de Saint-André et Saint-Germain. « La première année, je vivais dans l’autobus, parqué en douce », se souvient Claudie, qui tient à démythifier cet habitat : elle ne vit plus dans l’autobus, point!

La jeune femme connaît ses plantes sur le bout de ses doigts. Elle cueille une douzaine d’espèces de la flore maritime aux noms qui donnent l’eau à la bouche telles que la livèche et la sabline. Elle récolte aussi une trentaine d’autres végétaux, dont des petits fruits et quelques champignons. « La cueillette sauvage, c’est vraiment du trottage, c’est comme une chasse », affirme-t-elle. D’une année à l’autre, les plantes jouent à cache-cache avec la cueilleuse. « Avec les glaces, le bord du fleuve change chaque printemps », explique celle que les gens du coin surnomment Quenouille.

