John Tartaglia et Daniel Jurkovic, coprésidents d’Aliments Putter’s, souhaitent commercialiser une relish de qualité à bon prix. Photo : Gracieuseté d’Aliments Putter’s
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S'abonner maintenantDeux ans après avoir racheté des actifs d’Aliments Whyte’s pour sauver la production québécoise de concombres, Aliments Putter’s caresse toujours le projet de se lancer dans la production de relish, comme l’avait rapporté La Terre
à la fin de l’année dernière.
Rappelons qu’Aliments Whyte’s se dirigeait vers une importante faillite en 2023. Est alors entrée en scène Aliments Putter’s, qui a allongé 10 millions de dollars pour reprendre les actifs de l’entreprise, se portant ainsi à la rescousse des producteurs de la province dont les récoltes auraient fini aux poubelles. Du même souffle, l’entreprise est devenue le principal manufacturier et transformateur de cornichons, choucroute et piments au pays.
« On était les deux principaux acheteurs au Québec et pour une partie de l’Ontario, relate John Tartaglia, coprésident d’Aliments Putter’s avec son associé Daniel Jurkovic. Quand Whyte’s a fait faillite, on a acheté tout son volume sans nécessairement avoir de place de vente pour [cette production]. »
C’est ainsi que l’usine fraîchement acquise à Saint-Louis est maintenant mise à profit pour la production de relish.
Le projet avance, mais à un rythme plus lent que prévu. Ces délais sont liés au processus de mise en marché. Il faut du temps pour faire entrer les produits sur les tablettes.
Les négociations avec les détaillants sont en cours, mais « parfois rigides », affirme le coprésident. Pendant ce temps, Putter’s œuvre aussi avec des partenaires dans l’espoir de développer des marques privées de relish, notamment pour les marques maison de supermarchés.
La qualité avant tout
La compétition dans l’industrie du condiment est relevée, soutient John Tartaglia. Même si plusieurs entreprises québécoises coexistent déjà sur le marché de la relish, les consommateurs se voient offrir des pots par certaines entreprises dont la propriété n’est pas canadienne.
La relish sucrée de Heinz est faite à partir de concombres américains, tandis que la Coronation, autrefois produite par Whyte’s pour le marché québécois, est faite en Inde. Bick’s est passée sous contrôle américain il y a environ dix ans.
« On fait face aux importations, principalement en provenance de l’Inde, dit-il. Là-bas, les salaires sont nettement plus bas, ce qui rend les coûts d’exploitation moins élevés qu’ici. Mais la qualité de leur relish est inférieure à nos propres standards, notamment au niveau des normes sanitaires et environnementales. »
À l’heure actuelle et au cours des prochains mois, Aliments Putter’s espère optimiser ses procédés pour abaisser ses coûts de production au maximum, « sans compromettre la qualité » pour approcher les détaillants avec des prix compétitifs. « Ils regardent surtout les prix, explique l’homme d’affaires. D’un côté, la guerre tarifaire avec les États-Unis a suscité un regain d’intérêt pour les produits locaux, mais de l’autre, certaines grandes chaînes continuent d’importer des produits de moindre qualité à bas prix, ce qui freine l’accès aux tablettes aux producteurs locaux comme nous. »
Qu’à cela ne tienne, John Tartaglia demeure convaincu qu’il y a de la place pour une relish comme celle de Putter’s. « Le consommateur a le droit de choisir », plaide-t-il.