La fluidothérapie est un traitement de lutte contre la déshydratation des animaux. Crédit photo : Ordre des médecins vétérinaires du Québec
Ce contenu est réservé aux abonnés.
Se connecterSi ce n’est pas déjà fait, abonnez-vous pour moins de 1 $ par semaine.
S'abonner maintenantL’eau représente environ 60 % du poids de la vache et 80 % de celui du veau naissant. Dans plusieurs conditions médicales, la déshydratation compromet le bien-être et la guérison.
C’est pourquoi les médecins vétérinaires ont recours à la fluidothérapie, aussi couramment nommée « soluté », pour traiter la déshydratation chez toutes les espèces animales, y compris les bovins, comme dans les cas de diarrhées chez le veau, mais aussi lors d’accidents digestifs (problèmes de caillette ou cæcum) ou de conditions graves comme les mammites aiguës.
On évalue le taux de déshydratation en pourcentage du poids selon divers signes. La quantité de fluides à donner est ensuite ajoutée aux pertes estimées de liquide à venir et aux besoins de maintien (jusqu’à plus de 20 L par bovin adulte).
La voie intraveineuse est intéressante pour son efficacité et sa rapidité d’action, mais nécessite plus de matériel et d’agilité du manipulateur pour installer le cathéter, car cette longue aiguille souple doit être fixée pour quelques jours. L’administration de fluides faits à base d’eau du robinet est une bonne solution en ce qui concerne le rapport qualité/prix, l’efficacité attendue et la sécurité. Une propreté irréprochable lors de la préparation des fluides est cependant essentielle.
Complications possibles
Il faut prévoir une surveillance fréquente lorsqu’on administre des fluides intraveineux. Des complications peuvent survenir, telles que des fluides qui coulent à la mauvaise vitesse, des tubulures pliées ou coincées, l’apparition d’une bosse sous la peau formée par des fluides sous-cutanés ou de sang qui remonte dans le tube et l’obstrue. Il faut suivre les instructions laissées par le médecin vétérinaire pour les changements de cruches, leur composition (eau toujours tiède dans laquelle on ajoute des sels ou des solutions) et la vitesse d’administration.
Il ne faut jamais administrer uniquement de l’eau par voie intraveineuse : un mélange de sels (NaCl est le plus couramment choisi), d’électrolytes, de sucres comme le dextrose ou de bicarbonate de sodium pour traiter l’acidose métabolique doit être ajouté. Si le traitement doit être maintenu, le cathéter sera changé après quatre jours. Pendant cette période, il faudra surveiller tout signe d’enflure, de chaleur ou de douleur au site d’insertion du cathéter, ou de mauvais fonctionnement du système de fluidothérapie.
|
Salines hypertoniques Les salines hypertoniques sont un traitement de remplacement des fluidothérapies avec pose de cathéter intraveineux. Il s’agit d’administrer par voie intraveineuse, souvent à l’aiguille, 1 à 2 L d’eau très salée (plus que la concentration sanguine) pour accroître la sensation de soif et faire augmenter le volume des fluides sanguins. C’est un traitement utilisé fréquemment à la ferme. On peut se procurer des bouteilles commerciales ou en préparer avec de l’eau du robinet et une quantité précise de sel de table. |
Dre Annie Daignault, m.v., I.P.S.A.V. , collaboration spéciale