La tire de tracteur est une attraction majeure des expositions agricoles. Crédit photo : MarieMichèle Trudeau/TCN
Ce contenu est réservé aux abonnés.
Se connecterSi ce n’est pas déjà fait, abonnez-vous pour moins de 1 $ par semaine.
S'abonner maintenantLuc Bouthillier n’est pas né dans une ferme. L’enseignant de Saint-Hyacinthe se passionne pourtant pour les tires de tracteurs. Depuis 20 ans déjà, il organise le Grand National de tire de tracteurs de sa ville, la plus importante compétition du genre au Canada. Il doit se retenir à deux mains pour ne pas devenir lui-même propriétaire d’un des monstres.
« Ma femme haït ça pour mourir », admet-il, heureux de pouvoir vivre sa passion tout en préservant l’harmonie dans son couple.
Cette année, la compétition de Saint-Hyacinthe était d’assez haut niveau grâce à la présence de près d’une quarantaine d’équipes américaines, d’une quinzaine du Québec et de quatre ou cinq des Maritimes et de l’Ontario. Pour les allécher, le Grand National offrait plus de 100 000 $ en bourses, payées en devises américaines s’il vous plaît. Luc Bouthillier affirme qu’il devient de plus en plus difficile d’intéresser les Américains à sa compétition, notamment en raison des formalités aux douanes et des règles de transport.
Un succès populaire
Steven Lagrange, président de l’Association sportive de tire de tracteurs du Québec, croit que plusieurs expositions agricoles doivent leur succès financier à ce genre de compétition. « Partout où on va, affirme-t-il, les estrades sont pleines. La tire de tracteurs génère souvent le revenu majeur des expositions. »
Il a « pogné la piqûre » des tires de tracteurs à 14 ans. Aujourd’hui âgé de 47 ans, le producteur agricole de Saint-Isidore-de-Beauce est toujours aussi mordu de ce sport. « C’est pour se changer les idées, témoigne-t-il. On se fait des amis, on voyage en famille, en camping, et c’est l’occasion de montrer nos machines. » Le pilote possède aujourd’hui trois tracteurs de compétition, dont un qu’il a lui-même monté de A à Z en 2002.
« Crazy Grandma »
À 72 ans, Sharon Everman, vit sa passion en famille, avec son mari Henry et son fils David. Connue comme la « Crazy Grandma » sur le circuit américain, elle raffole de ces compétitions. Toute menue, elle a quitté Saint-Hyacinthe avec deux victoires en trois soirs. Pas mal pour une grand-maman!
David, le fils, est pour ainsi dire né sur un tracteur. Il adore livrer bataille à son père, bien conscient des risques du métier. Quand les 4 000 chevaux de son moteur sont lancés à pleine vapeur, le seul effleurement d’une pédale de frein peut l’éjecter de la piste. « Tu as intérêt à avoir l’esprit clair », témoigne-t-il, en montrant de récentes marques aux avant-bras.
Ces agriculteurs de Dansville dans l’État de New York pilotent chacun leur engin. Avec leurs deux camions-remorques, ils parcourent les États-Unis en famille depuis une vingtaine d’années.