Actualités 26 mai 2017

Terminer ses semis et faire les foins en même temps

La saison de cultures 2017 a commencé tardivement, mais une fois enclenchée, elle ne laisse aucun répit aux agriculteurs.

À Noyan, en Montérégie, Nathan Kaiser et sa famille viennent de terminer l’ensilage de 75 ha de luzerne et de 15 ha de graminées. Le chantier a duré deux jours. « C’était le temps de faucher. La qualité est là. La quantité aussi. Ça devrait être une grosse année pour le foin », résume Nathan.

Pendant une dizaine de jours, les Kaiser s’étaient engagés dans une course contre la montre pour semer leurs 800 ha de grandes cultures. Il restait encore quelques champs à ensemencer, mais les agriculteurs ont décidé de changer leurs plans en se lançant plutôt dans la récolte des fourrages. « Quand tu ensiles tôt, tu as plus de protéines. Aussi, on essaie de faucher et d’ensiler les fourrages en 24 heures. Plus on récolte vite, plus on conserve l’énergie de la plante et moins on doit alimenter le troupeau avec du maïs-grain », explique le copropriétaire de la ferme de 150 vaches en lactation.

Prioriser les fourrages

À Saint-Louis-de-Gonzague, en Montérégie, l’agronome Marc Leduc conseille à ses clients de délaisser les semis pour se concentrer sur la récolte des fourrages lorsque la prochaine fenêtre de beau temps s’ouvrira, « en espérant que le beau temps arrive un jour », précise-t-il avec humour.

Il mentionne qu’encore 25 % des semis restent à être complétés dans son secteur, sauf que les plantes fourragères n’attendront pas. « La maturité du foin change d’une journée à l’autre. Le dactyle est épié, le brome et le mil s’en viennent. Chaque jour qui passe nous fait perdre des protéines. Et si la chaleur arrive, ça peut aller très vite pour la luzerne », indique M. Leduc, conseiller en nutrition animale à la meunerie Gérard Maheu. Selon lui, le fait de retarder les semis de deux ou trois jours n’aura pas une incidence majeure sur les récoltes de grains, tandis que repousser la récolte des fourrages d’autant de jours aura un impact important sur leurs propriétés nutritionnelles.

Denis Riverin,directeur général d’Éco-Luzerne
Denis Riverin,directeur général d’Éco-Luzerne. Crédit photo: Archives TCN

Bon signal ailleurs au Québec

Au Lac-Saint-Jean, le directeur général d’Éco-Luzerne, Denis Riverin, anticipe une première coupe de qualité. « Nous avons eu une bonne couverture de neige, alors il y a peu de pertes causées par le gel. Les luzernières sont très belles. Il manque un peu de chaleur, mais je m’attends à ce qu’on amorce la récolte à la même période que d’habitude, soit autour du 5 juin », explique le copropriétaire de l’entreprise, qui récolte habituellement près de 1 000 ha de luzerne.

Cette matière première est ensuite déshydratée, puis compressée sous forme de granules ou de petits cubes. M. Riverin mentionne par ailleurs que les agriculteurs souhaitent de plus en plus pratiquer la culture de luzerne, parce qu’ils sont notamment attirés par son prix déterminé en début de saison. « On pourrait doubler notre production », fait aussi remarquer M. Riverin, qui travaille à développer d’autres marchés.

Au Bas-Saint-Laurent, Jean-Luc Laplante mentionne que la survie à l’hiver est bonne pour ses quelque 160 ha de plantes fourragères. La récolte attendra à la mi-juin cependant. « Les graminées ont commencé, mais la luzerne n’a pas encore vraiment “décollé”. C’est trop froid », conclut le producteur laitier établi près de Kamouraska.