Amélie St-Jacques, des Jardins Ste-Clotilde, a transplanté 10 acres d’oignons jaunes. Crédit photo: Myriam Laplante El Haïli/TCN
Ce contenu est réservé aux abonnés.
Se connecterSi ce n’est pas déjà fait, abonnez-vous pour moins de 1 $ par semaine.
S'abonner maintenantAvec 20 °C au thermomètre, les producteurs maraîchers de la Montérégie se sont rués aux champs ces derniers jours pour semer et transplanter radis, laitues, oignons, céleris, carottes et autres. Malheureusement, tous les travailleurs mexicains n’ont pas encore foulé le sol canadien comme ils auraient dû en cette période névralgique de l’année.
Pour Pascal Roy, de Multiplants, la saison débute peut-être avec une semaine de retard par rapport à l’année dernière, mais elle démarre en lion. En deux jours, il a livré près de deux millions de transplants chez ses clients producteurs de la Montérégie. « Jusqu’à maintenant, on a livré la laitue, le brocoli, l’oignon, et le céleri va sortir bientôt », indique ce dernier.
Dès le vendredi 20 avril, Marc-André Chenail, des Fermes du soleil à Sainte-Clotilde, a semé les radis. Lundi et mardi, c’était le tour des oignons verts, du persil, de la coriandre, de l’aneth, des carottes et des oignons à être mis en terre. « On a beaucoup de choses de semées pour ce temps-ci de la saison et les conditions sont très belles : le sol est sec et chaud, soutient-il. On ne sera probablement pas en retard sur l’année passée avec les températures qu’on annonce pour les prochaines semaines. »
Les sols sont bien drainés et ne contiennent que très peu de morceaux de glace, renchérit le propriétaire du Potager Riendeau, Clermont Riendeau. Lors du passage de La Terre à Saint-Rémi, les travailleurs s’affairaient à mettre 600 000 plants de laitues romaines et pommées en terre, dont la récolte est prévue autour de la Saint-Jean-Baptiste. S’ensuivront les céleris et les oignons.
Pour le marché des primeurs, Amélie St-Jacques transplantait 10 acres d’oignons jaunes aux Jardins Ste-Clotilde le mardi 24 avril. « C’est un beau début de printemps; on est très contents », souligne-t-elle.
La pluie prévue mercredi et jeudi pousse les producteurs à « transplanter [mardi] soir jusqu’à ce qu’il fasse noir », affirme Jean-Claude Guérin. En deux jours, ses équipes ont planté 15 acres de laitues, 8 acres d’oignons et 4 acres de carottes.

Travailleurs mexicains
Pour la première fois cette année, Clermont Riendeau a fait venir des travailleurs guatémaltèques, et heureusement, car autrement, il n’aurait pu entamer sa saison. En effet, ses travailleurs mexicains, les plus expérimentés, n’arriveront pas avant trois semaines.
Et il n’est pas le seul. Le consultant en immigration à l’Union des producteurs agricoles (UPA), Denis Roy, parle d’un problème pancanadien aux origines multiples. D’une part, le gouvernement du Mexique avait l’habitude de transmettre les demandes de permis de travail en version papier au gouvernement canadien. Or, l’été dernier, le gouvernement canadien aurait réclamé des versions électroniques des demandes, ce qui occasionne cette année des erreurs et du retard dans le traitement des dossiers. « Le gouvernement du Mexique envoie des demandes de permis de travail avec des erreurs dans les noms, les dates de naissance, etc. L’aller-retour de correction cause des délais interminables », explique Denis Roy.
D’autre part, une mise à jour du système informatique de Service Canada a retardé l’émission des études d’impact sur le marché du travail pour quelque 300 travailleurs mexicains et guatémaltèques, mais la situation se résorbe, selon Denis Roy.