Actualités 15 septembre 2016

Les réserves de sirop bio sont à sec

SAINT-LIGUORI — Malgré la production de 10 millions de livres (Mlb) supplémentaires le printemps dernier, la forte demande oblige les acheteurs à importer du sirop bio des États-Unis.

« Du bon goût bio, il n’en reste plus une goutte », admet le président de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec, Serge Beaulieu. Celui-ci a fait cette précision le 13 septembre à Lanaudière au moment d’inaugurer la tournée automnale de son organisation dans les syndicats en région.

Le printemps dernier, les producteurs ont enregistré une récolte record de 148,2 Mlb de sirop d’érable. Le secteur biologique accapare le quart de ce total avec 32,7 Mlb par 477 acériculteurs. Et c’est loin d’être fini, puisque 80 autres producteurs en sont présentement au stade de la précertification.

« Les acheteurs nous disent qu’ils n’ont pas de réserve en sirop bio, confirme le directeur général de la Fédération, Simon Trépanier. En raison de la précertification, 2 millions de nouvelles entailles pourraient s’ajouter le printemps prochain. »

Cette rareté du sirop d’érable biologique, explique le directeur général, amène les principaux acheteurs à s’approvisionner aux États-Unis. Bon an mal an, le Canada importe entre 2 et 4 Mlb de sirop des États-Unis. Cette année, précise-t-il, les importations totaliseront près de 6 Mlb, essentiellement dans le biologique. Bien souvent, ce sirop ne fait que transiter par le Québec pour son embouteillage avant de retourner sur le marché américain.

Cette rareté du sirop biologique n’a d’ailleurs pas eu d’impact sur les exportations canadiennes des produits de l’érable dans le monde. L’an dernier, le pays a établi un nouveau record de ventes à l’étranger avec 92,8 m/lb. Après sept mois, la présente année augure bien avec 54,6 m/lb, soit 5,8 % de plus qu’à pareille date l’an passé. Notons que l’Allemagne a ravi au Japon la deuxième place chez les pays importateurs de sirop.

« Si la tendance se maintient, a déclaré Simon Trépanier pour employer une formule consacrée, on risque de dépasser le record enregistré l’an dernier. »