Une autonomie d’au moins trois jours en essence et en nourriture est désormais recommandée aux agriculteurs. Crédit photo : Archives/TCN
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S'abonner maintenantSAINT-PAUL-D’ABBOTSFORD — En janvier 1998, deux semaines après avoir acheté une érablière sur le flanc du mont Yamaska, Onil Beaudoin profitait d’un repos bien mérité sous le soleil de la Floride. Pendant ce temps, l’œil de la tempête de verglas réduisait ses érables en charpie.
« On m’a téléphoné pour me dire de ne pas revenir, qu’il ne restait plus rien », relate-t-il aujourd’hui. Il est finalement rentré début février, la journée où le courant électrique a été rétabli à Saint-Paul-d’Abbotsford. Son érablière n’était plus qu’un champ de ruines, 90 % des tiges ayant été abîmées.
De fait, l’acériculteur a été forcé d’oublier la production de sirop d’érable durant deux ans. Son érablière de 12 à 13 000 entailles se trouvait en plein cœur du triangle noir, le mont Yamaska ayant reçu jusqu’à 120 mm de verglas. On estime que les branches d’érable commencent à casser à partir de 30 mm.

« Il y avait quatre pouces de glace sur les branches, relate Onil Beaudoin. C’est ici que cela a été le pire. Le vent du nord-est rentrait sur la montagne avec de la pluie à -6 °C. »
Pour se remettre en selle, le producteur de sirop d’érable a été forcé de vendre une partie de sa propriété. Il s’est aussi associé à son fils Yannick, qui n’était pourtant pas pressé de faire ses débuts « parce que le sirop d’érable à 1,60 $/lb, c’était le tiers-monde à l’époque ».
Pour aider les érables à récupérer, Yannick a suivi une formation d’élagueur. Un cousin, un ami et un beau-frère ont également été embauchés par l’entremise du programme catastrophe pour effectuer le nettoyage. Heureuse coïncidence, les deux premiers sont maintenant propriétaires d’une entreprise d’élagage et le troisième travaille pour une grosse compagnie œuvrant dans le même domaine.
Outre l’élagage, Yannick a fait l’essai de plusieurs techniques, y compris l’épandage d’engrais par voie aérienne. Il pense avoir obtenu plus de succès avec le haubanage pour redresser les jeunes tiges qui avaient plié l’échine.
« Elles sont bien drettes aujourd’hui », se félicite Yannick. Même s’il est encore loin des 20 000 à 22 000 entailles qu’il aurait dû avoir sans le verglas, ses 14 000 entailles lui ont procuré un rendement spectaculaire de 7,14 lb/entaille le printemps dernier. Il croit qu’il retrouvera une densité normale de 100 entailles à l’arpent d’ici une vingtaine d’années, soit environ 25 000 entailles. « La nature a une grande force et on l’a aidée, de sorte que l’avenir est encore plus prometteur », songe son père Onil.
Né à Val-Racine sur une terre de roches au pied du mont Mégantic, le septuagénaire n’était pas du genre à se décourager. Il a fait fi de l’adversité et du revers de fortune causé par le verglas.
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Trois jours de réserves À la suite du verglas de 1998, l’Union des producteurs agricoles a recommandé à ses membres de prévoir une autonomie d’au moins trois jours en essence et en nourriture pour répondre aux besoins des animaux de ferme. Comme Hydro-Québec ne peut garantir un service d’électricité sans interruption, il appartient aux clients de prévoir une autre source d’alimentation. Et ceux-ci doivent évaluer leurs besoins réels de façon à être bien préparés. Pendant la crise, Réjean Bessette a justement constaté que les génératrices de plusieurs fermes n’étaient pas assez puissantes pour répondre aux besoins. D’autres n’avaient pas été entretenues convenablement, entraînant des bris. « Des fils craqués et des moteurs qui n’ont pas fonctionné depuis des années, ce n’est pas bon quand tu dépends d’une génératrice. Vaut mieux être prêt », affirme celui qui était le coordonnateur de l’aide aux agriculteurs pour la région de Saint-Jean-sur-Richelieu. Il conseille de surcroît aux agriculteurs des génératrices fonctionnant sur la prise de force d’un tracteur. « Si tu as un bris de moteur, c’est plus facile de changer de tracteur que de courailler les pièces pour réparer le moteur d’une génératrice stationnaire », explique-t-il. Avec la collaboration de Martin Ménard |
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