Actualités 7 octobre 2016

Ouest canadien : un Québécois participe à la récolte de 22 000 acres

En Saskatchewan, le Québécois André Bienvenu vit présentement un dépaysement spectaculaire : il pilote l’une des six moissonneuses-batteuses qui récoltent les 22 000  acres de céréales de la ferme KRM, située au nord-est de Saskatoon.

« C’est assez spécial de travailler avec cinq autres batteuses dans un même champ », mentionne-t-il au téléphone, en direct de sa John Deere. L’entrevue est justement interrompue lorsqu’un immense débardeur à grains de 45 tonnes arrive aux abords de la moissonneuse pour recevoir sa cargaison d’avoine. « On récolte de 500 à 900 acres par jour et les batteuses n’arrêtent jamais. Quinze employés qui travaillent en même temps à la récolte, c’est vraiment beau à voir, mais ça prend du monde à leur affaire! » constate M. Bienvenu.

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La ferme KRM mise entre autres sur cinq moissonneuses-batteuses John Deere S690.

Des gars d’expérience

C’est en lisant l’annonce sur Facebook qu’André Bienvenu a eu le déclic. Il a quitté la ferme familiale située près de Saint-Hyacinthe pour se retrouver au volant de l’une des plus grosses moissonneuses-batteuses disponibles sur le marché. En champ, les moissonneuses évoluent à la même vitesse (environ 6 km/h) et se suivent en tournant en rond afin de ne pas s’entrecouper.

Peu familier avec la récolte des céréales et du canola, le « Québéker » de 22 ans a dû se débrouiller rapidement. « Le chef d’équipe n’a pas le temps de te faire l’école. Chaque opérateur est responsable de l’entretien et de l’ajustement de sa machine. ll faut aussi que tu sois autonome. Hier, en fin de journée, il m’a dit d’aller porter le camion de grains, mais sans me demander si je savais conduire un poids lourd », donne en exemple M. Bienvenu.

Sauf le jour du Seigneur

Les employés maintiennent la cadence pour terminer avant la fin d’octobre. Mais étonnamment, même en pleins travaux de récolte, personne ne travaille le dimanche puisque c’est le jour du Seigneur. « Je dirais que les agriculteurs d’ici sont moins stressés qu’au Québec. Ils sont efficaces, mais sans trop pousser. Ils prennent donc congé pour se retrouver en famille le dimanche, témoigne André Bienvenu. Il y a aussi le fait qu’ils ne labourent pas, ne drainent pas et ne nivellent pas; ils récoltent ce que la terre leur donne. »

L’esprit d’équipe est excellent, mentionne-t-il, d’autant plus que cette année, les rendements sont bons dans le secteur où il travaille (blé : 1,4 t/acre, canola : 0,9 t/acre, avoine : 1,7 t/acre, orge : 1,5 t/acre). Avec une superficie de 22 000 acres, chaque décimale dans le rendement a un impact majeur.

Par ailleurs, la valeur de la ferme KRM, la plus grosse de la région, donne le vertige. De fait, le prix des terres oscillant entre 2 500 $ et 5 000 $ l’acre, un calcul rapide donne une valeur globale, juste pour les terres, de 82,5 M$!

Une aventure unique

André Bienvenu vit une aventure particulière à bord de son monstre de fer. Après les longues journées passées à récolter du grain, il se réfugie dans une roulotte de camping qui lui est prêtée et reprend le boulot dès le lendemain, accomplissant en moyenne 350 heures par mois. La ferme KRM lui verse un salaire de 25 $ l’heure, plus un bonus.

« Le chef d’équipe m’a demandé de revenir l’an prochain, mais j’ai réalisé mon rêve et je serai plutôt de retour à la ferme laitière familiale, où il y a de l’ouvrage en masse! » conclut-il.

Chose certaine, lorsqu’il récoltera les 1 000 acres de ses parents, il aura en tête une logistique de travail unique à l’Ouest canadien.