Politique 13 mai 2024

La Financière agricole du Québec doit changer, dit André Fortin

L’agriculture au Québec est « sur pause », estime le député libéral André Fortin, qui réclame des changements majeurs à La Financière agricole.

Cet organisme offre notamment aux agriculteurs des services en matière de protection du revenu, d’assurance et de financement agricole.

Or, la Financière agricole aujourd’hui « ne remplit pas son mandat », a affirmé M. Fortin en point de presse à l’Assemblée nationale, le 10 mai.  

Les compensations qu’elle offre ne permettent pas aux agriculteurs qui ont perdu 100 % de leur récolte de rebâtir leurs entreprises, dit-il.

« Si ma maison passait au feu, que c’était une perte totale et que je recevais 15 % de compensation, ça ne me permettrait pas de rebâtir et c’est la même chose pour les agriculteurs » a illustré, M. Fortin.

Une compensation comme ça, ça vient les handicaper à long terme pour leurs investissements futurs, et ça vient mettre à très court terme une pression immense sur les finances de leurs entreprises.

André Fortin, député libéral de Pontiac

L’élu libéral de Pontiac réclame qu’une commission parlementaire se penche sur La Financière agricole et fasse un examen complet de ses activités, ce qui n’a pas été fait depuis 2011, selon lui.

Il rappelle que le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, a récemment refusé de céder la parole au président de La Financière agricole lors de l’étude des crédits budgétaires à l’Assemblée nationale.

« Le seul fonctionnaire auquel on n’a pas eu accès lors de la période de crédits, c’est le président de La Financière agricole, alors qu’il y a tant de gens qui dépendent de […] ses programmes en ce moment », déplore M. Fortin.

Lors d’une interpellation au Salon bleu, le ministre Lamontagne a invité les producteurs en difficulté à « lever la main » et à se prévaloir des différents programmes d’aide.

Il a déclaré que La Financière agricole allait contacter quelque 2 600 entreprises qui ont été « identifiées » comme étant « plus à risque » pour les accompagner. L’an passé, c’était 700 entreprises.

Par ailleurs, M. Lamontagne a rappelé l’existence d’un fonds d’urgence et souligné que seulement 1300 demandes d’aide avaient été formulées. 

« Les gens qui sont en difficulté […] qui ne sont pas accompagnés à leur satisfaction, levez la main, contactez les directions régionales, les bureaux de la Financière, le cabinet du ministre », a-t-il lancé.

Il a également indiqué avoir reçu la confirmation du gouvernement fédéral qu’« Agri-relance » sera activé pour aider les producteurs à couvrir les coûts exceptionnels liés aux dommages subis en 2023.

« Ça va fonctionner. On a eu la confirmation du gouvernement fédéral qu’il va y avoir une intervention. On est dans les derniers mètres […] à finaliser les paramètres pour après ça pouvoir en informer les groupes », a-t-il dit.

Le leader parlementaire de Québec solidaire, Alexandre Leduc, a néanmoins reproché à M. Lamontagne de ne pas être habité d’un sentiment d’« urgence ».

« Les agriculteurs sont en colère, à bout de souffle, et plus que jamais, ils attendent des gestes concrets du gouvernement. Ils attendent que le gouvernement en fasse plus et ils sont déçus », a déclaré M. Leduc.

Les agriculteurs ont manifesté dans plusieurs régions du Québec au cours des dernières semaines pour exprimer leur ras-le-bol, causé notamment par la chute désastreuse de leurs revenus.

Selon les prévisions du ministère fédéral de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, le revenu net agricole québécois passera de 959 M$ en 2022 à 66 M$ en 2024, du jamais vu depuis 1938.


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