Actualités 27 mars 2018

La politique bioalimentaire obtient 349 M$

Le budget du Québec 2018-2019 prévoit près de 349 M$ sur cinq ans pour mettre en œuvre la future politique bioalimentaire qui sera dévoilée dans les prochaines semaines. Québec n’annonce cependant aucune solution à long terme au problème du fardeau grandissant que représentent les taxes foncières agricoles.

Politique bioalimentaire

Notons d’abord que la moitié des 349 M$ annoncés viendra stimuler les investissements dans les secteurs agricole (100 M$ sur cinq ans) et alimentaire (75 M$ sur cinq ans). C’est le seul détail qui filtre de ce budget Leitão.

Pour la prochaine année budgétaire débutant le 1er avril, le ministre Lessard bénéficiera de 59,1 M$ pour lancer la mise en œuvre de la politique bioalimentaire. De cette somme, 20 M$ par année viendront bonifier le programme de soutien à l’investissement annoncé l’an dernier. L’enveloppe pour 2018-2019 sera ainsi portée à 35 M$ au lieu de 15 M$. Sur cinq ans, le gouvernement prévoit donc consacrer 195 M$ plutôt que 95 M$ à ce programme qui viendra soutenir la construction et la rénovation de bâtiments agricoles. L’UPA salue l’effet structurant de cette mesure.

La quarantaine de millions restants seront répartis pour appuyer diverses initiatives, dont Aliments du Québec, l’innovation, la formation et les régions.

Taxes

L’autre morceau important pour le secteur agricole était la réforme attendue du Programme de crédit de taxes foncières agricoles. Le budget ajoute 20 M$ à court terme pour couvrir la hausse des remboursements de taxes de 2017 et de 2018. Ces sommes sont qualifiées de « transitoires » et la suite dépendra des travaux d’un comité déjà en place. Le directeur général de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Charles-Félix Ross, qualifie de « plaster » la solution temporaire pour les taxes foncières agricoles. Il considère que les bénéfices que les producteurs pourraient tirer de la politique bioalimentaire risquent d’être annulés par la hausse du fardeau fiscal dans les années à venir.

Tordeuse

Le budget prévoit aussi des mesures pour pallier l’épidémie de tordeuse des bourgeons de l’épinette. Quelque 40 M$ pour trois ans iront à la Société de protection des forêts contre les insectes et maladies (SOPFIM) pour l’arrosage avec des insecticides biologiques tant en forêt publique que privée. Pour les boisés privés, un autre montant de 41,1 M$ sur trois ans est prévu pour le reboisement et diverses mesures comme la récupération du bois. Quelque 14 M$ iront à la forêt publique.

Autres éléments

Notons que le budget de La Financière agricole du Québec reste quasi inchangé, avec une baisse de 5 M$, alors que celui du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec augmente de 12 M$ pour atteindre 900,5 M$. Québec explique que la première année de mise en œuvre de la politique bioalimentaire sera en grande partie financée par un fonds général du gouvernement.

Finalement, Québec n’a pas annoncé de nouvelles mesures importantes pour compenser la hausse du salaire minimum dans le secteur agroalimentaire. On note toutefois une baisse de la cotisation au Fonds des services de la santé. Le taux passera progressivement de 1,5 % à 1,25 % pour les PME qui ont une masse salariale de 1 M$ ou moins.

Un autre budget équilibré

Les dépenses globales du Québec augmentent de 4,7 %, mais le ministre Carlos Leitão se défend de déposer un budget électoraliste en précisant que cette hausse est rendue possible en raison de la « saine » gestion des finances et de la bonne tenue de l’économie. Le budget dégage un surplus de 3,1 G$, dont 2,3 G$ qui iront au Fonds des générations. « Nous allons améliorer la qualité de vie de tous les Québécois », a affirmé le ministre Leitão, qui mise notamment sur la « mobilité durable ».