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Un exemple presque parfait d’une vache à terre à la Ferme Roussette. Il ne manque qu’un abri contre le soleil. Photo : Dre Élizabeth Fortin-Grégoire

Un exemple presque parfait d’une vache à terre à la Ferme Roussette. Il ne manque qu’un abri contre le soleil. Photo : Dre Élizabeth Fortin-Grégoire

Syndrome de la vache à terre : comment ne pas nuire?

Une vache qui ne se lève plus doit attirer votre attention et devenir une priorité. Elle vit un réel problème que nous devons identifier et corriger rapidement, et ce problème n’est pas toujours médical.

Un taux de succès frustrant

Les chances de succès avec les vaches incapables de se lever sont très variables. Dans la littérature, le taux de survie est d’environ une vache sur trois pour les cas qui ne relèvent pas de fièvres de lait classiques. 

Lorsqu’une vache demeure au sol et est incapable de se lever, des dommages musculaires et nerveux se développent en quelques heures. Ceux-ci vont devenir tellement importants que la vache ne pourra plus se lever, même si le problème initial a été corrigé. Il s’agit donc d’une course contre la montre.

Objectifs principaux

L’ordre des choses est unique à chaque situation. En travaillant de concert avec votre médecin vétérinaire, il faut absolument investiguer et corriger rapidement la cause initiale du décubitus. N’oubliez pas qu’il y a quatre membres à examiner et qu’il faudra retourner l’animal pendant l’examen. Un autre objectif est la prévention des dommages additionnels en priorisant le confort de la vache. Pour cela, il est essentiel de lui fournir un accès facile à l’eau et aux aliments et de changer sa position régulièrement en la retournant aux quatre à six heures si elle ne le fait pas par elle-même. Le port d’entraves est également conseillé afin de diminuer le risque de blessures. Il est important d’écourter les souffrances d’un animal atteint d’une condition fatale ou qui ne répond pas aux traitements instaurés.

Priorité : un sol adéquat

Idéalement, il faut déplacer rapidement la vache sur un sol autre que le béton. Vous pouvez la mettre dans un box individuel avec une litière épaisse (bed pack). Le pâturage avec un abri du soleil est une bonne option lorsque la température le permet. Outre le sol de béton, l’espace réduit que procure un entre-deux ne sera pas suffisant pour la convalescence de votre vache. Ainsi, il faudra absolument la déplacer dans un grand espace libre, clôturé et isolé de ses congénères.

Beaucoup de dommages peuvent être causés pendant le transport de l’animal débilité. Les tractions ne doivent pas être directement appliquées sur celui-ci, mais sur un support (traîneau) sur lequel il repose. Il faut parfois être ingénieux. La vache peut être positionnée sur un plaqué solide, un tapis flexible ou un traîneau (Animal skidderTM) lesquels seront tirés à l’aide d’une chaîne qui sera ancrée à l’extrémité de ces panneaux.

Il existe plusieurs méthodes pour assister le lever. Parmi les plus connues, le serre-hanches, différents systèmes de sangles et finalement, la « piscine ». Le gabarit des vaches d’aujourd’hui ne favorise plus l’utilisation du serre-hanches, car les muscles endommagés par celui-ci sont essentiels pour compléter le lever de l’animal. Nous recommandons de ne pas s’en servir. 


Dre Alexandra Gariépy, M.V., Interne, Hôpital des animaux de la ferme Centre hospitalier universitaire vétérinaire (CHUV), Faculté de médecine vétérinaire (FMV), Université de Montréal (UdeM)

Dr Gilles Fecteau, M.V., Professeur titulaire, FMV, UdeM