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Le rôle des mouches a été cité dans la propagation de différentes maladies infectieuses au Québec, telles que la maladie de l’oreille bleue, la gastroentérite transmissible, le rouget, la mammite, l’infection à Streptococcus suis, la conjonctivite, et bien d’autres encore.

Le rôle des mouches a été cité dans la propagation de différentes maladies infectieuses au Québec, telles que la maladie de l’oreille bleue, la gastroentérite transmissible, le rouget, la mammite, l’infection à Streptococcus suis, la conjonctivite, et bien d’autres encore.

Les mouches et la transmission de maladies infectieuses aux animaux d’élevage

Les animaux d’élevage sont victimes d’importantes maladies infectieuses, dont la transmission peut se faire par contact, voies aériennes ou vecteurs. Moins connus, les vecteurs sont pourtant responsables de 17 % de la charge mondiale estimée des maladies infectieuses. Parmi eux, on retrouve des insectes comme les mouches. Oui, les mouches!

Comment les mouches peuvent-elles transmettre les maladies? La transmission des pathogènes peut se faire par piqûre ou par contact. Lorsque les mouches se nourrissent d’une source contaminée, les pathogènes s’accumulent dans leur système digestif. Ce qu’il faut savoir, c’est que les mouches ne peuvent se nourrir que de substances liquides. Elles n’ont pas la capacité de mâcher, donc elles régurgitent du suc digestif pour dissoudre les substances et les boire. Ainsi, les pathogènes présents dans les mouches remontent, se déposent sur la nourriture et contaminent les animaux qui y touchent. Par ailleurs, le caractère « collant » des pattes des mouches peut promouvoir la transmission des pathogènes.

Ainsi, le rôle des mouches a été cité dans la propagation de différentes maladies infectieuses au Québec, telles que la maladie de l’oreille bleue, la gastroentérite transmissible, le rouget, la mammite, l’infection à Streptococcus suis, la conjonctivite, et bien d’autres encore. Bien que globalement, la transmission des maladies infectieuses par les mouches reste rare sur le territoire, la tendance au réchauffement climatique pourrait favoriser leur propagation (par exemple, la fièvre catarrhale ovine qui touche les troupeaux ovins des États-Unis).

Bien-être et production

En plus de transmettre des maladies infectieuses, les mouches affectent également le bien-être des animaux. Par exemple, la mouche piqueuse des étables (Stomoxys calcitrans) se nourrit du sang des animaux, ce qui réduit leur croissance, affecte la production et provoque de la douleur. Les mouches noires peuvent vite devenir abondantes et créer une forme de stress ou d’énervement chez l’animal en perturbant l’alimentation. Ainsi, en affaiblissant les animaux, les mouches peuvent aussi indirectement favoriser leur infection par d’autres pathogènes.

Pour prévenir et limiter la transmission des maladies infectieuses par les mouches, il est important d’assurer un bon contrôle de ces dernières. La lutte chimique (utilisation d’insecticides) peut être mise en place, mais le maintien de la propreté des lieux couplé à l’utilisation de pièges à mouches reste la méthode la plus efficace. 

Le saviez-vous?

La mouche tsé-tsé étant le vecteur principal de la trypanosomiase humaine africaine – communément appelée maladie du sommeil –, des pièges à glossines (ou pièges à mouches) sont utilisés pour lutter contre la maladie. Les mouches ­tsé-tsé étant attirées par des substances présentes dans l’urine des bovins, ces substances sont ajoutées dans certains pièges. Cependant, l’obtention synthétique de ces substances est coûteuse et inaccessible aux communautés défavorisées. Ainsi, des chercheurs de l’Université de Francfort, en Allemagne, ont modifié génétiquement la levure de bière (Saccharomyces cerevisiae) pour produire à moindre coût les substances odorantes qui se retrouvent dans l’urine des bovins et qui attirent les glossines. Bien que l’étude nécessite des travaux complémentaires, cela pourrait représenter un atout majeur pour les régions démunies en renforçant l’efficacité des pièges à glossines et en réduisant la propagation de la maladie. 

NOÉLIE DOUANNE
AUDREY CORBEIL
LORENA BERNARDO
CHRISTOPHER FERNANDEZ-PRADA, D.M.V., M. Sc., Ph. D.
Centre de recherche en infectiologie porcine et avicole (CRIPA) et Groupe de recherche sur les maladies infectieuses en production animale (GREMIP)
Faculté de médecine vétérinaire, Université de Montréal