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Le parasite Echinococcus se retrouve dans les intestins des canidés (renard roux, coyote, loup, chien) par lesquels les œufs seront excrétés dans les selles. Le cycle du parasite sera complété lorsqu’un hôte intermédiaire ingérera accidentellement les œufs, développera des lésions dans ses organes, puis sera consommé par un canidé. Accidentellement, l’homme peut être contaminé et développer la maladie. Photo : Aida Minguez-Menendez

Le parasite Echinococcus se retrouve dans les intestins des canidés (renard roux, coyote, loup, chien) par lesquels les œufs seront excrétés dans les selles. Le cycle du parasite sera complété lorsqu’un hôte intermédiaire ingérera accidentellement les œufs, développera des lésions dans ses organes, puis sera consommé par un canidé. Accidentellement, l’homme peut être contaminé et développer la maladie. Photo : Aida Minguez-Menendez

Echinococcus, un parasite à surveiller

Principalement attirés par la présence de nourriture, les coyotes et les renards roux ont une grande capacité d’adaptation aux milieux agricoles et urbains. On note plusieurs signalements de ces canidés près des fermes. Ces derniers peuvent être porteurs d’un ver plat microscopique, Echinococcus, qui ne mesure que quelques millimètres de long et qui peut être transmis aux animaux domestiques et à l’homme.

Le parasite au Québec

Echinococcus est un parasite qui se retrouve dans les intestins des canidés (renard roux, coyote, loup, chien). Les œufs seront excrétés dans leurs selles, où ils pourront contaminer l’environnement. Le cycle du parasite sera complété lorsqu’un hôte intermédiaire ingérera accidentellement les œufs, développera des lésions dans ses organes, puis sera consommé par un canidé. Accidentellement, l’homme peut être contaminé et développer la maladie.

Jusqu’en 2018, on reconnaissait la seule présence d’Echinococcus canadensis au Québec, responsable de l’échinococcose kystique. Chez cette espèce du parasite, les cervidés sont les principaux hôtes intermédiaires au Québec. En 2018, un premier cas d’échinococcose alvéolaire a été diagnostiqué chez un enfant dans les Laurentides, une maladie causée par Echinococcus multilocularis, qui implique cette fois un rongeur comme hôte intermédiaire. Il s’agit du premier cas documenté dans la province, témoignant d’une expansion de l’aire de distribution du parasite. Cette espèce est responsable de signes cliniques plus sévères que l’échinococcose kystique chez l’homme.

Doit-on s’inquiéter pour les troupeaux?

Chez les petits ruminants et les cervidés, les signes de la maladie se traduisent par la formation de kystes dans les poumons et le foie, ce qui peut entraîner des condamnations à l’abattoir et des baisses de production. Mondialement, les moutons sont les principaux hôtes intermédiaires. Cependant, au Québec, le parasite n’a été identifié que chez les cervidés sauvages et il n’existe, pour le moment, aucun cas rapporté chez les petits ruminants. Ainsi, bien que le risque de transmission soit présent, il demeure faible. Les chiens qui ont accès aux pâturages sont néanmoins susceptibles d’être infectés et de contribuer à la transmission du parasite.

Un risque pour l’homme?

Chez l’humain, le diagnostic de l’échinococcose est difficile et, sans traitement, la condition peut s’avérer fatale. Cette maladie peut évoluer sur plusieurs années avant l’apparition de signes cliniques et conduit à la formation de kystes, principalement dans le foie. Bien que le nombre de cas identifiés soit bas dans la province, le risque demeure présent.

Grâce à nos recherches, nous avons retrouvé le parasite dans 11 régions administratives du Québec. Des foyers d’infection avec un risque significativement plus élevé ont été identifiés en Montérégie et au Bas-Saint-Laurent.

Pour limiter la contamination

Étant présent dans la faune sauvage, il est impossible d’éradiquer l’échinococcose. Les producteurs agricoles peuvent limiter le risque d’attirer des canidés sauvages ou de contaminer leurs chiens par une bonne gestion des carcasses d’animaux morts et en évitant d’offrir des abats de cervidés ou de moutons à leurs chiens.

Comme le chien domestique peut être porteur asymptomatique, il devrait recevoir un traitement antiparasitaire mensuel ciblant le parasite. Dans les régions où le risque est supérieur, le lavage des mains et le nettoyage des aliments du jardin doivent devenir une routine pour limiter le risque de transmission. 

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Dre Ève-Marie Lavallée Bourget, m.v.

Dre Julie Arsenault, m.v.

Dr Christopher Fernandez-Prada, m.v.

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Cette étude a reçu un financement d’Elanco, opérant au Canada sous le nom d’Elanco Canada, de l’Université de Montréal, du GREZOSP et d’IDEXX. Le bailleur de fonds n’a pas participé à la conception de l’étude, à la collecte, à l’analyse et à l’interprétation des données.