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Une parcelle de blé de printemps à gauche et une parcelle de blé d’automne à droite à la ferme expérimentale de l’IRDA, à Saint-Bruno-de-Montarville, le 21 juillet 2020. Photo : Gracieuseté de Francis Allard

Une parcelle de blé de printemps à gauche et une parcelle de blé d’automne à droite à la ferme expérimentale de l’IRDA, à Saint-Bruno-de-Montarville, le 21 juillet 2020. Photo : Gracieuseté de Francis Allard

Céréales d’automne : plus à gagner qu’à perdre

Depuis quelques d’années, l’engouement pour les céréales d’automne progresse au Québec. Et pour cause, les avantages sont nombreux, notamment un rendement supérieur aux céréales de printemps, une lutte sans merci aux mauvaises herbes au printemps et un sol qui gagne sur tous les fronts.

Selon Statistique Canada, les superficies en blé d’automne représentaient en 2010 un faible 4 000 ha de tout le blé cultivé au Québec (52 500 ha). Elles ont cependant progressé d’année en année pour atteindre 13 000 ha en 2020. Même si ses superficies en blé d’automne sont largement moins élevées qu’en Ontario (419 500 ha), une province qui bénéficie d’un climat plus favorable pour cette culture, le Québec a quand même plus que triplé ses superficies en dix ans!

Pour sa part, le seigle d’automne est un incontournable quand le besoin en paille est un critère. En produisant plus de paille pour une surface donnée, il est possible de repenser ses rotations et de libérer de la place pour d’autres cultures. De plus, la récente hybridation du seigle a propulsé les rendements à des niveaux inattendus. Puisque c’est la céréale d’automne qui résiste le mieux à l’hiver et que la Financière agricole l’assure contre la mortalité hivernale depuis l’an dernier, le seigle est tout désigné pour ceux qui essaient une céréale d’automne pour la première fois.

Un des avantages remarquables des céréales d’automne pour le producteur est une meilleure répartition des travaux sur la ferme. C’est plaisant de commencer les semis au printemps et d’avoir une partie des terres déjà en culture. De plus, cela permet de mieux étaler la main-d’œuvre à  la ferme et d’optimiser un parc de machinerie durant la saison.

Quelques conseils pour réussir ses céréales d’automne

Ne pas trop tarder à faire ses semis à l’automne afin de conserver l’avantage de rendement par rapport aux céréales de printemps et diminuer le risque de mortalité hivernale. Voici les dates de semis optimales :

  • Zone 1 (plaine de Montréal) 
    début septembre à fin septembre
  • Zone 2 (intermédiaire) 
    début septembre à mi-septembre
  • Zone 3 (périphérique) 
    mi-août à mi-septembre

Ne pas oublier la fertilisation azotée au printemps. Cette dernière tombe toujours pendant les semis de printemps, surtout pour la deuxième application au stade montaison. Tout va très vite avec la céréale d’automne au printemps et c’est facile de passer tout droit!

Mettre un trèfle en intercalaire dans la céréale d’automne est astucieux. Il aura toute la lumière qu’il faut après la récolte pour produire une biomasse intéressante et fournir de l’azote l’année suivante.

Alors, pourquoi ne pas intégrer les céréales d’automne à votre entreprise en septembre? Elles offriront possiblement votre meilleur rendement à ce jour pour une céréale à paille! 

Dix vitrines dans tout le Québec

L’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA) mène actuellement un projet sur les céréales d’automne dans dix fermes québécoises. L’idée est de comparer en côte à côte des céréales d’automne avec une céréale de printemps en termes de productivité, de rentabilité et d’empreinte environnementale. 

Francis Allard, AGR., M.Sc., IRDA