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Un raffinement de notre façon de faire pour évaluer le transfert d’immunité passive pourrait mener à une diminution de l’incidence des maladies. Photo : Gracieuseté de la Faculté de médecine vétérinaire

Un raffinement de notre façon de faire pour évaluer le transfert d’immunité passive pourrait mener à une diminution de l’incidence des maladies. Photo : Gracieuseté de la Faculté de médecine vétérinaire

Améliorer le transfert d’immunité passive chez les veaux laitiers

On reconnaît tous l’importance pour un veau nouveau-né de bien absorber son colostrum dans le but de prévenir les maladies causées par différents agents pathogènes. Non seulement une grande quantité de colostrum de bonne qualité donnée rapidement après la naissance améliore-t-elle la santé des veaux, mais elle contribue aussi à améliorer les performances de ces derniers à plus long terme.

Plusieurs fermes ont un transfert d’immunité adéquat, mais malgré tout, des maladies néonatales peuvent survenir. Pourquoi? Tout d’abord parce que le colostrum et le transfert d’immunité n’expliquent pas tout de l’apparition des maladies. Mais aussi, l’approche traditionnellement utilisée dans les fermes par les vétérinaires pour évaluer le transfert d’immunité semble avoir ses limites, et c’est justement le but du présent article de mettre à jour les recommandations en fonction de données plus récentes de la recherche.

Différentes méthodes existent pour évaluer la qualité du transfert d’immunité à partir d’un échantillon sanguin d’un veau pris durant la première semaine de vie. On peut mesurer soit directement la quantité d’anticorps (immunoglobulines G [IgG]), soit plus simplement la concentration du sérum par l’utilisation d’un réfractomètre (sur une échelle en g/L ou l’échelle de Brix). Au cours des 40 dernières années, les chercheurs ont défini un bon transfert d’anticorps comme étant une concentration d’IgG ≥ 10 g/L. Avoir au moins 90 % des veaux (9 veaux sur 10) avec ce résultat serait ainsi considéré comme un succès en ce qui concerne la gestion du troupeau.

Nouvelles recommandations

L’analyse des données de plusieurs études successives faites par le système de surveillance de santé animale américain National Animal Health Monitoring System a permis de revisiter l’idée de ces critères de succès. De façon surprenante, malgré l’amélioration générale du transfert d’immunité passive (93 % des veaux ayant un bon transfert dans leur dernière étude) et une diminution de la mortalité des veaux au cours de la période de 1991 à 2014, cette évolution a eu peu d’impact sur l’incidence des maladies chez les veaux en période de présevrage. En analysant les données d’anticorps de près de 2 400 génisses et leurs données de santé, l’équipe américaine a démontré qu’un raffinement de notre façon de faire pour évaluer le transfert d’immunité passive pouvait mener à une diminution de l’incidence des maladies (principalement diarrhées et pneumonies). En gros, meilleure est l’immunité, moins la génisse a de risques d’être malade. Ces recommandations aboutissent donc à des niveaux de transfert excellent (si IgG≥25 g/L), bon (si compris entre 18 et 24,9 g/L), adéquat (si compris entre 10 et 17,9 g/L) et mauvais (si <10 g/L) ainsi qu’à des recommandations concernant son interprétation pour le troupeau.

En fin de compte, pouvez-vous vous améliorer même si, en utilisant l’approche traditionnelle, vous avez déjà plus de 90 % de vos génisses qui ont un succès lors de leur transfert d’immunité? La réponse est oui au vu de ces récents travaux. Ces derniers suggèrent qu’il faut aussi vérifier si elles passent le test « haut la main » ou de justesse. 

Dr. Sébastien Buczinski, M.V.
Dr. Jocelyn Dubuc, M.V.