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S'abonner maintenantUn système de ventilation et de déshumidification installé dans les silos permet d’assécher les grains de manière optimale afin d’aller chercher des primes au rendement pour seulement 3 $/t, alors que les coûts de séchage varient généralement entre 8 et 20 $/t au Québec.
ALMA — Selon une étude réalisée par AGECO, la conservation et l’entreposage des grains à la ferme sont de plus en plus fréquents au Québec, ce qui représente un défi pour les producteurs.
D’une part, sécher avec de la chaleur peut être très intéressant, mais exige de plus grands investissements et entraîne une demande énergétique plus importante engendrant des dépenses récurrentes. D’autre part, si on laisse sécher le grain aux champs, on l’expose aux maladies, aux champignons et à la dégradation, sans compter les pertes.

« On voulait donc travailler sur la ventilation pour améliorer les techniques sans trop faire augmenter les coûts », explique Nicolas St-Pierre, chargé du projet de recherche pour Agrinova et professeur en agriculture au Collège d’Alma. Comme les agriculteurs se tournent de plus en plus vers les marchés spécialisés où les prix sont plus intéressants, les standards de qualité doivent aussi être plus élevés. « Pour obtenir la meilleure qualité et les primes pour les marchés spécialisés, il faut sécher le plus lentement possible », ajoute M. St-Pierre.
Des tests ont donc été réalisés à l’automne 2015 avec une technologie permettant le contrôle automatique du séchage desgrains à basse température par déshumidification de l’air. Les équipements : un déshumidificateur mobile de 5,5 ch et au débit de 4 500 pi3/min et un ventilateur axial centrifuge à vitesse variable de 5 ch.De plus, quelques sondes étaient placées dans le silo pour recueillir des données sur la température, la pression et l’humidité à différents endroits (haut, milieu, plancher).
« En faisant le projet, on voulait absolument travailler sur un système mobile, pour qu’on puisse le déplacer d’un silo à l’autre. On voulait aussi que le système prenne son air de l’extérieur », note Nicolas St-Pierre. Pour tester les équipements, Agrinova a utilisé de l’orge brassicole, car « dans les dernières années, 85 % des lots ne respectaient pas les conditions d’humidité à la vente », ajoute le professeur.
Lors de la première récolte, faite le 11 septembre, du grain au taux d’humidité de 19 à 22 % a été stocké dans le silo. Il aura fallu 28 jours, dans un silo de 33 t, pour que les grains atteignent un taux standardisé de 13 % à 4,5 °C, et ce, malgré des taux d’humidité relative atteignant 97 % la nuit. « Le déshumidificateur nous a permis d’aller chercher jusqu’à 30 % de réduction d’humidité dans l’air », remarque M. St-Pierre.
Durant 28 jours, le ventilateur a été utilisé pendant 239 heures sur les 677 heures au total qu’a duré le projet, soit 35 % du temps, alors que le déshumidificateur a fonctionné 22 % du temps. À un prix de 7,73 ¢/kWh, les frais de ventilation ont coûté 1,27 $/t, tandis que les frais de déshumidification ont atteint 1,59 $/t, pour un total de 2,87 $/t. Le séchage par déshumidification a aussi permis d’atteindre les standards de Semican pour l’orge brassicole.
Au cours des prochaines étapes du projet de recherche, les chercheurs veulent automatiser et simplifier les systèmes tout en maximisant les coûts d’investissement, par exemple en travaillant avec plusieurs silos.
Guillaume Roy