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S'abonner maintenantEntre deux larges stands de fleurs, le petit kiosque de Steve Finkelstein s’impose par son affichage singulier. Sur une grande enseigne blanche, des lettres bleues forment le mot « Capitaine ». Des dizaines de boîtes d’œufs attendent preneur sur le comptoir. L’entreprise Le Capitaine a jeté l’ancre au marché Jean-Talon en 1957. Le propriétaire d’origine hongroise sait naviguer sur les eaux de l’industrie avicole et met désormais le cap sur la diversité.
« Aujourd’hui, nous ne vendons pas seulement des œufs de poule! s’enthousiasme M. Finkelstein dans un fort accent magyar. On a augmenté la variété en proposant des œufs de dinde, d’oie, de pintade et de caille.»
Son père, Gino Finkelstein, a immigré au Québec au milieu des années 1950 et s’est rapidement lancé dans la vente de poules et d’œufs au marché de la rue Henri-Julien. Le producteur avicole raconte qu’à l’époque, il était coutume de vendre des poules vivantes. « Les clients choisissaient la poule qu’ils voulaient, mon père la pesait vivante et ensuite les gens repartaient avec. »
Selon lui, non seulement l’offre de produits a évolué depuis 50 ans, mais la clientèle a également beaucoup changé. « Au début, le marché était là pour les Italiens. Maintenant, c’est pour tout le monde. » À ses yeux, le marché Jean-Talon reste ainsi un endroit « vivant ». C’est d’ailleurs pour cette raison que Gino Finkelstein avait choisi ce type de mise en marché.
L’actuel « capitaine » a repris les commandes du navire avec fierté. « On dessert une bonne clientèle. Il y en a qui viennent ici depuis plus de 40 ans, s’enorgueillit-il. Beaucoup de restaurants, comme Les Enfants Terribles, viennent s’approvisionner ici. » Comme quoi, entre deux kiosques de fleurs, le capitaine mène habilement sa barque.
