Ont tour à tour défilé devant les représentants de l'UPA : Luc Berthold (PCC), Yves-François Blanchet (BQ), Marie-Claude Bibeau (PLC), Daniel Green (PV) et Ruth Ellen Brosseau (NPD). Photos : Julie Mercier / TCN
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S'abonner maintenantLONGUEUIL — Le 25 septembre, l’Union des producteurs agricoles (UPA) a reçu en ses murs les représentants des cinq principaux partis politiques. Résumé d’une journée chargée où l’agriculture a occupé l’avant de la scène politique.
Conservateurs : parti des villes, parti des champs
Le porte-parole du Parti conservateur en matière d’agriculture, Luc Berthold, a spontanément attaqué le bilan des quatre années des libéraux. « Pour le gouvernement libéral, l’agriculture n’est pas une priorité. En quatre ans, il n’y a eu aucune pièce législative pour améliorer le sort des agriculteurs », a poursuivi le candidat dans Mégantic-L’Érable. Au chapitre de la gestion de l’offre, « on ne fera pas de nouvelles concessions, point à la ligne », a promis M. Berthold. Par ailleurs, son parti compte respecter les compensations négociées par le gouvernement libéral avec les producteurs laitiers et avicoles. M. Berthold a précisé qu’il ne pouvait dévoiler pour l’instant les détails de la plateforme agricole.
« Au lendemain de l’élection d’un gouvernement conservateur, on veut réunir tous les partenaires pour discuter de gestion des risques », a-t-il toutefois avancé. Des conseillers généraux lui ont par contre rappelé les coupes du précédent gouvernement conservateur dans la gestion des risques et la recherche.
Bloc québécois : une « grande gueule » pour le Québec
Le chef du Bloc québécois a présenté l’éventail des promesses agricoles de son parti, dont un projet de loi pour interdire toute nouvelle brèche dans la gestion de l’offre. Questionné sur les enjeux de main-d’œuvre étrangère, Yves-François Blanchet a spontanément décidé d’ajouter à la plateforme de son parti une proposition de l’UPA sur les coopératives de travailleurs saisonniers. Le Bloc suggère aussi l’injection de 300 M$ pour accompagner les agriculteurs dans le retrait des pesticides de la famille des néonicotinoïdes. Le parti met également de l’avant six mesures pour la relève agricole, dont un congé de cotisation de cinq ans en ce qui a trait aux programmes Agri-stabilité et Agri-protection. Le chef du Bloc a rappelé l’importance d’avoir une voix forte pour le Québec à Ottawa plutôt « que quelqu’un au gouvernement qui va vous nuire ».
Parti libéral : se défendre contre les tirs groupés
Après le passage du Parti conservateur, du Bloc québécois et du Parti vert, la table était mise pour la ministre de l’Agriculture. Marie-Claude Bibeau s’est ainsi appliquée à répondre aux critiques, notamment à l’égard de la gestion « catastrophique » du conflit commercial avec la Chine et des concessions laitières. Elle a aussi souligné le travail effectué par son gouvernement, que ce soit dans les outils de gestion des risques, le contrôle aux frontières ou le programme des travailleurs étrangers temporaires, tout en admettant qu’il restait du travail à faire. « Je suis fière du bilan de notre gouvernement. Repartir une roue après une décennie de compressions et de mépris, ça prend du temps et on voulait le faire bien », a-t-elle affirmé. La ministre a reconnu avoir manqué de temps pour dévoiler les compensations aux producteurs d’œufs et de volailles. « On va se rasseoir dès qu’on revient », a-t-elle promis, mentionnant aussi que la plateforme agricole libérale serait dévoilée au cours des prochains jours.
Parti vert : les agriculteurs avant les grenouilles
Le chef adjoint du Parti vert, Daniel Green, a rappelé les divergences d’opinions entre les environnementalistes et les agriculteurs. « Je crois qu’on pourrait travailler plus ensemble, a-t-il lancé d’entrée de jeu. Les premières victimes des pesticides, c’est vous. Je me préoccupe plus des familles d’agriculteurs que des grenouilles dans les cours d’eau. » Le Parti vert réclame une diminution marquée de l’utilisation des « biocides » en agriculture. « On voudrait revoir l’homologation des pesticides. On veut s’assurer qu’elle soit mieux faite », a précisé le candidat dans Outremont. Le parti s’engage aussi à obliger les fabricants de pesticides à fournir l’équipement de protection aux agriculteurs. « Il faut collaborer davantage », a convenu le militant écologiste de longue date. L’UPA réclame d’ailleurs des investissements gouvernementaux en agroenvironnement.
NPD : la ferme intention de taper sur le clou
La représentante du Nouveau Parti démocratique (NPD), Ruth Ellen Brosseau, a rappelé les tentatives infructueuses de son parti pour améliorer les programmes de gestion des risques depuis 2012. À deux reprises, son parti a déposé un projet de loi pour « régler l’injustice fiscale dans le transfert familial » des entreprises agricoles. Il s’agit d’une demande de la Fédération de la relève agricole du Québec. La députée de Berthier-Maskinongé a indiqué que le NPD compte s’opposer à la ratification de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique. « Pour d’autres pays, il y a des choses qui sont non négociables. Pour nous, la gestion de l’offre n’est pas négociable. » Quant aux modifications du règlement sur le transport du bétail dénoncées par les Producteurs de bovins du Québec, la porte-parole adjointe du NPD en agriculture a estimé qu’il s’agit de « l’exemple d’un gouvernement qui ne travaille pas avec les experts sur le terrain ».
Maxime Bernier absent
Le chef du Parti populaire du Canada (PPC), Maxime Bernier, était absent de la rencontre à l’Union des producteurs agricoles. Le PPC n’a pas été invité puisqu’il ne détient aucun siège sous sa bannière à la Chambre des communes. De plus, l’équipe de Maxime Bernier a décliné l’offre d’entrevue de La Terre. « M. Bernier a un horaire extrêmement chargé et n’est malheureusement pas disponible », a indiqué son porte-parole, Martin Masse.