Tout comme le blé d’automne, le blé de printemps a souffert des déficits hydriques. Photo : Archives/TCN
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S'abonner maintenantAprès une récolte somme toute décevante pour le blé d’automne dans certaines régions, les premiers résultats dans le blé de printemps ne sont guère plus reluisants. Encore une fois, la sécheresse est venue jouer les trouble-fêtes.
« Cette année, le rendement est nul et le classement est moins bon », lâche Sébastien Bilodeau. Le producteur et travailleur à forfait d’Issoudun, dans Chaudière-Appalaches, a récemment battu son blé de printemps à 0,7 t/acre alors que sa moyenne habituelle se situe entre 1,5 et 2 t/acre. De ses clients, aucun n’a franchi la tonne. Selon l’agriculteur, le manque d’eau est en cause. « Le blé a fleuri quand il faisait très sec, la germination a été plus faible et la paille était plus courte dès qu’on s’éloignait des cours d’eau. »
La situation est similaire dans le Centre-du-Québec, affirme Yanick Beauchemin, producteur et conseiller au club Yamasol. « Dans la région, moins de 10 % des superficies en blé de printemps ont été battues. Les rendements varient entre 0,75 t/acre et 1 t/acre et le poids spécifique n’est pas exceptionnel », a-t-il indiqué autour du 12 août.
L’agronome de Sainte-Monique craint que l’année soit mauvaise également pour l’orge et l’avoine. « L’avoine a mûri trop rapidement à cause de la sécheresse. Avec la pluie des dernières semaines, les plants ont commencé à faire du tallage, il y a donc beaucoup de grains verts parmi les grains mûrs. Ce sera très dur à sécher. »
En Montérégie, Claudine Cournoyer a battu à 0,7 t/acre, nettement sous sa moyenne de 2 t/acre. Encore une fois, le manque d’eau a été problématique.
« La paille a été plus courte d’environ 40 % », relève la productrice de Saint-Ours. Mince consolation, elle a récolté tout juste avant la grosse averse de 50 mm qui s’est abattue sur le sud du Québec le 4 août. « Je n’ai pas eu de séchage à faire et il se classe pour la consommation humaine. »
Parmi les producteurs qui ont partagé leurs résultats à La Terre, peu ont battu à plus 1 t/acre. C’est toutefois le cas de Sylvain Many, de Rougemont, qui a récolté dans sa moyenne à 1,33 t/acre. Toutefois, malgré un haut taux de protéine, son blé ne se qualifie pas pour la consommation humaine. « Les dernières grosses pluies avant la récolte et l’humidité de l’air ont affecté la qualité des grains », mentionne-t-il.
À défaut d’une bonne récolte pour les céréales, les producteurs de grains questionnés espèrent se rabattre sur le maïs et sur le soya, qui semblent mieux se porter depuis les importantes précipitations des dernières semaines.