Actualités 12 février 2022

La génétique au service de la production durable

Le monde que l’on souhaite avoir demain est forgé par nos actions d’aujourd’hui. Il est donc inévitable d’adopter une approche de production durable. L’agriculture est appelée à nourrir une population grandissante et exigeante, tout en réduisant ses empreintes environnementale et socioéconomique. Une telle équation comporte son lot de défis!

Salah Zoghlami
Salah Zoghlami

Les ravageurs, les maladies, les changements climatiques et bien d’autres facteurs constituent de sérieux obstacles à surmonter pour maintenir la capacité des plantes à répondre aux besoins alimentaires, en quantités suffisantes et suivant des normes de qualité de plus en plus élevées. Depuis quelques décennies, plusieurs de ces menaces à la production agricole sont contrôlées par les pratiques culturales et par l’utilisation d’intrants à la ferme. Malgré l’optimisation des intrants et le souci constant d’une meilleure efficience dans leur utilisation, le risque zéro n’existe pas, et le produit agricole et alimentaire finit par laisser une empreinte sur les ressources naturelles.

Historiquement, la génétique était perçue comme le gage de la performance, de la création et de la domestication de nouvelles espèces. Or, avec les progrès scientifiques et les efforts des généticiens, la voie d’une utilisation limitée d’intrants à la ferme et du renforcement de la résilience des plantes devient de plus en plus populaire.

De plus, l’amélioration génétique par le croisement intra ou inter espèces combiné au recours aux nouvelles techniques et technologies contribuent grandement à doter les espèces végétales d’une capacité de résilience aux changements climatiques et de résistance aux maladies et aux ravageurs, ainsi qu’à mieux valoriser certains intrants et même à répondre aux exigences en matière de qualité nutritionnelle. Toutes ces facultés intégrées aux plantes par l’entremise de la génétique permettent de réduire l’utilisation de ressources supplémentaires et de produits phytosanitaires ainsi que de capter le carbone. Hélas, tout cela ne semble pas être bien mis en perspective quand on parle des moyens de renforcer la production durable. Pourtant, la génétique figure parmi les meilleurs moyens pour y parvenir. On pourrait presque parler d’un moyen intrinsèque aux plantes, mis au service de l’humanité. La contribution de la génétique au développement durable ne peut donc pas être sous-estimée. Les Producteurs de grains du Québec n’ont cessé d’investir et de soutenir la recherche en génétique depuis plusieurs années. Une telle implication permet aux généticiens de développer de nouvelles variétés de cultures plus performantes et aux producteurs d’en avoir accès.

Salah Zoghlami, agr., M. Sc., directeur des affaires agronomiques, Producteurs de grains du Québec


Cet article a été publié dans l’édition de janvier 2022 de notre cahier Grains.