Actualités 29 août 2014

La Commission canadienne du blé ira en cour

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Les administrateurs de la Commission canadienne du blé (CCB) ont décidé de s’opposer en justice au projet de loi du gouvernement Harper qui vise la fin de son monopole.

Le conseil se réunissait le 25 octobre, mais la décision a été annoncée le lendemain dans une ferme.

« Nous n’avons d’autre choix que de prendre cette mesure de dernier recours au nom des agriculteurs. Nous ne nous laisserons pas intimider », a déclaré Allen Oberg, président du conseil de la CCB et agriculteur en Alberta.

La CCB reproche au gouvernement de ne pas avoir tenu un « plébiscite » auprès des producteurs comme la Loi sur la Commission canadienne du blé, toujours en vigueur, le stipule en cas de changement majeur. La Commission a dévoilé en septembre le résultat d’un vote tenu auprès de 40 000 producteurs et dans lequel 62 % des producteurs se disaient favorables au maintien de la mise en marché collective obligatoire du blé et de l’orge dans les provinces des Prairies. Même si ce scrutin postal était supervisé par une firme externe, il ne s’agissait toutefois pas d’un vote officiel dans le cadre de la Loi.

« Non seulement le gouvernement ignore-t-il les souhaits des agriculteurs, mais il prévoit mettre à la porte les dix administrateurs qui sont élus directement par les agriculteurs pour diriger la CCB », a déclaré M. Oberg, qui met les Canadiens en garde contre la possible disparition d’autres organisations qui seraient en désaccord avec le gouvernement.

M. Oberg estime qu’aucune étude ne prouve la rentabilité du libre marché pour les producteurs. Il estime plutôt que le changement contenu dans le projet de loi C-18 va diminuer le rapport de force des producteurs face aux multinationales du commerce du grain.

Mentionnons que l’opposition officielle à Ottawa a également déposé une motion qui demande au gouvernement de laisser les agriculteurs décider de l’avenir de la CCB. Il est toutefois pratiquement impossible que cette motion soit adoptée. Le NPD tente également une procédure parlementaire afin de forcer des députés conservateurs qui ont un intérêt direct dans le débat sur la CCB de s’abstenir lors des prochains votes. Il y aurait 7 députés agriculteurs dans cette situation et il en faudrait au moins 11 pour faire changer l’issue prévisible du vote.