Jeunesse 27 février 2026

La petite histoire des femmes en agriculture

Les femmes ont toujours été indispensables à la terre, mais elles ont dû se battre pour faire reconnaître leur travail. Longtemps, la société a imposé un destin selon le sexe : on suivait une voie tracée d’avance. Si certains préjugés persistent, les choses ont grandement changé ces dernières décennies.

Un travail essentiel, mais invisible

Longtemps vue comme simple épouse ou mère, la femme effectuait des tâches sous-évaluées : s’occuper du potager et du poulailler, traire les vaches, fabriquer le beurre et le fromage, tondre les moutons… Malgré son dévouement, c’est son mari qui possédait tout : la terre, les bâtiments et les bêtes. Sans salaire ni titre de propriété, la femme travaillait de façon bénévole. À la mort de l’époux, ce sont les fils qui héritaient. Quant aux filles, elles se mariaient pour devenir, à leur tour, bénévoles sur la terre de leur mari. 

Luttes féministes et bouleversements sociaux

En 1915, les premiers Cercles de fermières québécois voient le jour. Ces regroupements permettent de briser l’isolement des agricultrices tout en leur offrant l’occasion de partager des savoir-faire. C’est un premier petit pas vers la reconnaissance du travail des femmes. 

Malgré l’évolution de la société au 20e siècle, les lois restent très sévères pour les femmes. Avant 1964, l’État considérait une femme mariée comme une enfant : elle ne pouvait ni signer de contrat, ni posséder de terre, ni même travailler sans l’accord de son mari. L’adoption de la loi 16 renverse la vapeur. Puis, en 1980, la réforme du droit familial permet de reconnaître davantage la contribution économique des femmes au sein d’entreprises familiales. En 1986, l’arrivée de la Fédération des agricultrices du Québec donne une vraie voix aux agricultrices. C’est grâce à ces initiatives ainsi qu’à plusieurs autres que les femmes du milieu agricole ont pu se libérer du moule restrictif d’autrefois. 

Le retour du balancier

Aujourd’hui, les femmes sont nombreuses à se lancer en affaires dans le milieu de l’agriculture. Plusieurs d’entre elles choisissent de démarrer leur propre entreprise, alors que d’autres optent pour la reprise d’une ferme existante. Même si la parité entre les hommes et les femmes n’est pas encore atteinte, on peut se réjouir de voir des femmes occuper toutes sortes de positions dans le monde agricole, que ce soit vétérinaire, agronome, productrice, administratrice, maraîchère, acéricultrice… C’est un monde de possibilités qui s’ouvrent à toutes les filles qui rêvent grand!  


Cet article est paru dans la page Jeunesse de La Terre de chez nous. L’objectif de cette page est d’expliquer et de vulgariser certains enjeux complexes reliés à l’agriculture à une clientèle jeunesse.