Jeunesse 29 mai 2026

La petite histoire… des corvées agricoles

Tu le sais déjà, prendre soin d’une terre et d’une ferme demande énormément de travail. La pénurie actuelle de travailleurs dans ce domaine et le recours aux travailleurs étrangers en sont la preuve. Tu seras donc peut-être étonné d’apprendre qu’il y a une centaine d’années, les agriculteurs québécois ne manquaient pas de bras. Et pourtant, les travailleurs agricoles rémunérés étaient encore rares! Mais comment cela est-il possible?

Un effort collectif 

C’est au cours du Moyen Âge que la pratique des corvées s’est répandue en Europe. Les terres étaient alors divisées en seigneuries, et les gens qui les occupaient, les censitaires, devaient effectuer certaines tâches obligatoires appelées corvées chaque année pour le seigneur, qui était le dirigeant des lieux. Récolter le blé, labourer la terre et l’ensemencer, effectuer les vendanges, couper le bois de chauffage… Tout ce qui est effectué par des travailleurs rémunérés aujourd’hui était alors fait gratuitement par les habitants. Ces corvées seigneuriales ont tranquillement perdu en popularité à partir de la fin des années 1400 pour disparaître avec la Révolution française de 1789.

Nouveau Monde, vieilles façons de faire!

La pratique des corvées obligatoires a refait surface en Nouvelle-France afin d’aider les colons à faire face aux ­difficultés de la colonisation. Ce modèle communautaire leur a permis de survivre et de prospérer dans un monde hostile. Le caractère obligatoire des corvées a disparu avec le temps pour laisser place à un effort volontaire. 

L’entraide avant tout

Ces réunions étaient bien plus que du travail; c’étaient des occasions de socialiser, de célébrer et de briser l’isolement dont souffraient les agriculteurs éloignés les uns des autres. Le mot se passait dans le rang dès qu’une famille avait besoin d’aide, et les habitants n’hésitaient pas à se déplacer pour lui prêter main-forte. Le travail de la terre, la coupe du bois de chauffage, l’ensemencement des champs, l’entretien des bâtiments et les soins prodigués au bétail étaient généralement l’apanage des hommes. Quant aux femmes, elles s’occupaient du potager, de la fabrication du pain et de la préparation des repas pour tous les travailleurs. Ce n’est qu’au cours du 20e siècle que les travailleurs rémunérés ont peu à peu fait leur apparition dans les fermes.