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Les agriculteurs américains voteront majoritairement pour Donald Trump le 3 novembre, selon John Parisella, mais en moins grande proportion qu’au scrutin de 2016.

Les agriculteurs américains voteront majoritairement pour Donald Trump le 3 novembre, selon John Parisella, mais en moins grande proportion qu’au scrutin de 2016.

Trump serait en voie de remporter de nouveau le vote agricole

Donald Trump remportera de nouveau le vote agricole à l’issue du scrutin du 3 novembre prochain aux États-Unis, croit l’ancien délégué général du Québec à New York, John Parisella, aujourd’hui conseiller spécial pour la firme de relations publiques National.

John Parisella

John Parisella

Aux urnes en 2016, les agriculteurs américains ont été 32 % plus nombreux à préférer le républicain Donald Trump à la démocrate Hillary Clinton. En novembre prochain, John Parisella prédit que le président sortant emportera majoritairement le vote agricole sur le candidat démocrate Joe Biden, mais dans une proportion moindre d’environ 10 %. « Il n’y a aucun doute que M. Trump a perdu l’appui qu’il avait à l’élection précédente […] parce que son approche à lui, c’est l’affrontement, le bilatéralisme, plutôt que les de grandes ententes multilatérales », dit M. Parisella.

Il ajoute que les différentes guerres commerciales, notamment avec la Chine, ont eu des répercussions sur les ventes des agriculteurs américains et que même si le président a dédommagé ces derniers en leur versant des subventions directes, cela se répercutera aux urnes le 3 novembre.

Plateformes agricoles

« [Dans cette campagne] Trump semble être dans un mode d’improvisation, tandis que M. Biden est dans un mode de planification », indique M. Parisella. Il souligne qu’à moins de 50 jours des élections, le président sortant n’avait pas encore dévoilé de plateforme électorale agricole.

Joe Biden promet, dans la sienne, d’aider à protéger les revenus des petites et moyennes entreprises agricoles, de bonifier les programmes de conservation et de lutter contre les changements climatiques, explique la professeure Marie-Ève Gaboury-Bonhomme, spécialisée en analyse des politiques agroalimentaires et du développement durable à l’Université Laval. Le démocrate dit également vouloir renforcer les lois antitrust dans le secteur des intrants agricoles, réinvestir dans la recherche publique sur l’agriculture durable, l’alimentation et le développement de nouvelles semences, puis renforcer davantage les programmes d’assurance-récolte, énumère-t-elle.

Marie-Ève Gaboury-Bonhomme

Marie-Ève Gaboury-Bonhomme

Les deux analystes prévoient toutefois que l’agriculture ne fera pas partie des enjeux majeurs de la campagne américaine 2020, éclipsée par la pandémie de la COVID-19 et ses contrecoups sur l’économie américaine.

Répercussions canadiennes

La professeure Gaboury-Bonhomme soutient que si le Parti républicain est porté au pouvoir, les relations des États-Unis avec leurs partenaires commerciaux, incluant le Canada, continueront probablement d’être « teintées de la manière Trump » avec des positions protectionnistes et des prises de décisions centralisées et aléatoires. « Si les démocrates sont élus, on peut s’attendre à des approches plus concertées et une plus grande proximité avec le gouvernement Trudeau, plus proche des démocrates sur le plan idéologique. Néanmoins, aux États-Unis comme ailleurs, la tendance est plus à l’achat local qu’au libre-échange dans le contexte de la COVID-19 », conclut-elle.

John Parisella soutient également que le mouvement politique préconisant le Buy America continuera de se développer indépendamment du parti au pouvoir, et que même dans le cas d’une victoire démocrate, la gestion de l’offre restera toujours sous pression. « Les Américains, qui oublient qu’ils subventionnent les grandes fermes, voient notre système comme hautement subventionné par l’État, qui va donc à l’encontre du commerce », analyse-t-il.