L’incident a laissé un trou d’une surface de 760 mètres de longueur sur 150 mètres de largeur, selon l’estimation de la Sécurité publique. Photo : Christinne Muschi/La Presse Canadienne
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S'abonner maintenantUne maison a été emportée par un important glissement de terrain survenu le 21 mai au matin, à Sainte-Monique, dans le Centre-du-Québec. L’incident a laissé un trou d’une surface de 760 mètres de longueur sur 150 mètres de largeur, selon l’estimation de la Sécurité publique. Heureusement, il n’y a eu aucune victime.
Vers 6 h, le sol s’est ouvert sur la route du rang Haut-de-l’Île et il a englouti le terrain, la maison, et les cabanons du voisin de l’agriculteur André Lemire.
« Je savais ce qui se passait, parce que je savais que ça allait arriver un jour », a raconté André Lemire, qui vit dans une ferme qui borde la rivière Nicolet.
Il a expliqué que sa conjointe l’a sorti du sommeil tôt ce matin-là.
Le sol « s’est ouvert » et « quand je suis parti », pour fuir le danger, « le chemin est disparu derrière moi », a-t-il ajouté.
« Les fils électriques étaient en feu », a raconté l’homme, qui fait partie des évacués.
Selon M. Lemire, son voisin, Fernand Therrien, a eu le temps de fuir avant que sa maison ait été engloutie, et les quatre chiens qui vivaient dans un des cabanons ont aussi réussi à quitter l’endroit sains et saufs, selon un autre voisin.
Quatre familles sinistrées
Les familles vivant dans quatre résidences du secteur ont été évacuées et prises en charge par la Croix-Rouge.
« Il n’y a pas de réintégration qui sera prévue aujourd’hui. Ça, c’est certain », a affirmé le directeur régional au ministère de la Sécurité publique du Québec pour la région de Mauricie–Centre-du-Québec, Sylvain Gallant.
La cause du glissement de terrain n’a pas encore été confirmée par la Sécurité publique.
Il est trop tôt pour se prononcer sur les raisons précises de ce mouvement de terrain-là, mais on sait qu’il y a eu quand même beaucoup de pluie dans les dernières journées.
Un secteur à risque
Si l’agriculteur André Lemire a affirmé qu’il a rapidement compris ce qui se produisait, c’est parce « qu’il y a toujours eu des éboulis » dans ce secteur, où il vit depuis une cinquantaine d’années.
Il a raconté à La Presse Canadienne qu’il y a longtemps, des propriétaires terriens enfouissaient « du bois, des roches et des chars dans la rivière pour empêcher des éboulis ».
Plusieurs agriculteurs du secteur ont confirmé à La Presse Canadienne qu’ils constatent depuis longtemps que des morceaux de terre déboulent, sur le flanc des collines qui longent la rivière.
« On est à risque d’éboulis des deux côtés de la rivière Nicolet », a expliqué la mairesse de Sainte-Monique, Denise Gendron.
« Il y a des zones plus à risque, qui sont en rouge, d’autres en jaune ou en orange » et « les maisons ont été bâties bien avant qu’on ait ces cartes-là. Même ici dans le village, il y a une grande partie qui est à risque », a ajouté Mme Gendron, alors qu’elle recevait des sinistrés à l’Hôtel de Ville.
« On est construit sur l’ancienne mer de Champlain, il y a des argiles très sensibles » et « comme il y a eu beaucoup de pluies dernièrement… »
En 1955, des maisons s’effondraient « comme des châteaux de cartes »
Le 12 novembre 1955, un important glissement de terrain avait emporté une partie de la ville de Nicolet, à une douzaine de kilomètres de l’affaissement de terrain du 21 mai.
« Tout commença lorsque la station-service qui dominait la berge escarpée de la rivière se disloqua et fut emportée dans ce qui semblait être une vague de boue. Tour à tour, on vit des maisons s’effondrer comme des châteaux de cartes avant qu’un bosquet de majestueux pins ne glisse lui aussi dans la coulée d’argile », peut-on lire dans un résumé du magazine Cap-aux-Diamants, qui traite de l’histoire du Québec.
Selon les archives de Radio-Canada, 2 000 résidents avaient été évacués à l’époque et cette catastrophe avait causé trois décès et des pertes matérielles évaluées à 7 millions de dollars.
Le ministre responsable du Centre-du-Québec, André Lamontagne, a écrit sur le réseau social X que ses « meilleures pensées sont avec la communauté ».
Il a précisé qu’une équipe technique des pompiers de Trois-Rivières a été déployée, tandis que des spécialistes du ministère des Transports et de la Mobilité durable sont impliqués.
M. Lamontagne a dit suivre la situation de près avec le ministre de la Sécurité publique, François Bonnardel, et le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel.
Sainte-Monique, une petite municipalité de la MRC de Nicolet-Yamaska, compte environ 500 habitants.
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