Actualités 12 mai 2017

Gestion intégrée de l’azote : les meilleures pratiques

Contrer le lessivage de l’azote dans la culture de pomme de terre peut s’avérer un véritable casse-tête.

C’est pourquoi les Producteurs de pommes de terre du Québec ont mandaté l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA) pour produire une fiche d’information sur la gestion intégrée de la nutrition azotée.

« Les régions où l’on cultive la pomme de terre sont reconnues pour être des zones très propices au transfert d’azote » à cause des engrais utilisés, indique l’agronome Mylène Marchand-Roy, coauteure de la fiche d’information.

Les sols sableux sont souvent en cause, de même que la pomme de terre en soi, dont le seul tubercule n’est pas très efficace pour prélever l’azote. « Dans la pomme de terre, on parle de 40 % à 60 % d’efficacité seulement, même si les minéraux sont disponibles près du tubercule », explique la chercheuse.

Résultats? L’azote est lessivé et contamine l’eau potable. Selon Mme Marchand-Roy, plus du tiers des puits d’eau souterraine sont contaminés dans les régions à forte culture de pommes de terre.

La solution : des sols en santé

La fiche d’information produite par l’IRDA recense les meilleures stratégies à mettre en place pour minimiser les pertes d’azote par lessivage.

La solution qui est qualifiée de « facile » et de « primordiale » est de faire un diagnostic à la ferme afin de pouvoir ensuite améliorer la santé des sols. « Cette stratégie ne coûte pas cher et est à la portée de tout le monde », affirme Mylène Marchand-Roy.

Un sol en santé, précise la chercheuse, fournira naturellement l’azote dont la pomme de terre a besoin, du moins en partie. Cet azote organique se libère lentement et est donc beaucoup moins sensible au lessivage.

Le producteur doit ensuite ajuster les apports externes d’azote en fonction de ce que le sol fournit naturellement. Ce calcul doit aussi tenir compte du climat et des types de cultivars.

D’autres stratégies, plus complexes celles-ci, ont été proposées dans la fiche d’information. On parle notamment de fractionnement des doses d’azote, d’irrigation raisonnée, d’utilisation de cultures pièges et d’aménagement de bandes riveraines enherbées.

Plusieurs producteurs ont déjà mis en place l’une ou l’autre de ces stratégies, assure Mme Marchand-Roy.

« Certaines techniques comme l’irrigation raisonnée sont toutefois assez nouvelles dans la culture de pommes de terre, conclut-elle. Il reste encore du travail à faire pour que les agronomes possèdent l’expertise nécessaire pour guider les producteurs. »