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« On a tendance à négliger la qualité des résidus forestiers. Il faut mieux les contrôler […] pour offrir une efficacité constante de la biomasse », a souligné Évelyne Thiffault, professeure adjointe à la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique de l’Université Laval. Crédit photos : Marc-André Grenier

« On a tendance à négliger la qualité des résidus forestiers. Il faut mieux les contrôler […] pour offrir une efficacité constante de la biomasse », a souligné Évelyne Thiffault, professeure adjointe à la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique de l’Université Laval. Crédit photos : Marc-André Grenier

Transformer les résidus forestiers en produits désirés est tout un défi

QUÉBEC — En raison des coûts d’énergie très bas au Canada, l’industrie de la biomasse forestière devra mettre en œuvre une véritable opération séduction. Elle espère pénétrer de manière significative le marché de l’énergie pour contribuer à la réduction de l’utilisation des carburants fossiles. 

Au Québec, le gouvernement vise, d’ici 2030, à améliorer de 15 % l’efficacité énergétique et à diminuer de 40 % la quantité de produits pétroliers consommés. « Le principal défi consiste à abaisser la consommation des carburants fossiles de moitié par décennie. À l’échelle mondiale, l’atteinte des cibles fixées lors de l’Accord de Paris sur le climat requiert une contribution significative de la bioénergie. […] Il faut transformer la biomasse forestière du Québec en produits désirés sur le marché », a souligné Évelyne Thiffault, professeure adjointe à la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique de l’Université Laval, lors de la 2e Conférence sur le chauffage à la biomasse forestière résiduelle, le 8 novembre à Québec.

Une qualité variable

L’un des principaux enjeux auxquels l’industrie de la biomasse forestière est confrontée est la variabilité dans la qualité des résidus. Celle-ci affecte l’efficacité dans la production de chaleur. « On considère les résidus forestiers comme des déchets et on a tendance à en négliger la qualité. Il faut mieux les contrôler. […] Mais beaucoup de recherche a été faite et un rapport a été publié par des chercheurs internationaux sur les chaînes d’approvisionnement en biomasse forestière », a poursuivi Mme Thiffault.

Mais de plus en plus, la biomasse forestière est considérée comme une source d’énergie de choix. « L’Université Laval est un grand joueur et mène une étude de préfaisabilité pour utiliser la granule afin de modifier son système de vapeur. Le mandat, octroyé à la firme Consultants forestiers DGR, consiste à développer la filière de la gazéification de la biomasse forestière », a indiqué Alexandre Bélanger, conseiller en environnement à la Communauté métropolitaine de Québec. 

La 2e Conférence sur le chauffage à la biomasse forestière résiduelle s’est déroulée le 8 novembre, à Québec.

La 2e Conférence sur le chauffage à la biomasse forestière résiduelle s’est déroulée le 8 novembre, à Québec.

Revitaliser les régions

Les résultats de l’étude mettent l’accent sur les efforts à poursuivre par le regroupement Vision Biomasse Québec et la Fédération québécoise des coopératives forestières (FQCF) pour promouvoir les avantages de la biomasse forestière au détriment du mazout. « La bioénergie est un véhicule pour revitaliser les régions et retenir les jeunes dans les communautés. On peut penser, par exemple, à la bioraffinerie de La Tuque. La biomasse apporte une cohésion du réseau social », a résumé la professeure adjointe à l’Université Laval.

Les chercheurs soulignent aussi que les considérations énergétiques prennent de plus en plus de place sur la tribune publique. L’utilisation « de la ressource forestière disponible pour répondre aux besoins énergétiques futurs doit donc faire partie de l’équation », conclut l’étude.  

Véronique Demers, collaboration spéciale.