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La caserne 34, située dans l’arrondissement Saint-Hubert, à Longueuil, est constituée d’une charpente en gros bois d’ingénierie qui permet les longues portées nécessaires à l’espace réservé. Photo : Adrien Williams/CECOBOIS

La caserne 34, située dans l’arrondissement Saint-Hubert, à Longueuil, est constituée d’une charpente en gros bois d’ingénierie qui permet les longues portées nécessaires à l’espace réservé. Photo : Adrien Williams/CECOBOIS

L’essor du bois sous toutes ses formes

Ça bouge dans le domaine de la transformation du bois. Les chercheurs s’activent dans la mise au point de matériaux plus écologiques et durables issus de la biomasse forestière. D’autres lui trouvent des utilisations nouvelles afin de récupérer la matière. Le bois fait également un retour en force dans la construction de bâtiments, incluant ceux des fermes. Zoom sur une filière en plein développement.

Gérald Beaulieu, directeur du CECOBOIS. Photo : CECOBOIS

Gérald Beaulieu, directeur du CECOBOIS. Photo : CECOBOIS

Le bois connaît un véritable essor dans la construction grâce à de nouveaux produits techniques, tels que le lamellé-collé et le lamellé-croisé, qui offrent des possibilités de conception architecturale jusque-là inexploitées. Cela a pour résultat que les bâtiments en bois de grande hauteur se multiplient un peu partout sur la planète. Le Québec n’est pas en reste. Plusieurs projets ont émergé de terre dans la dernière décennie et pas seulement dans le secteur résidentiel.

L’utilisation du bois d’ingénierie est aussi dans l’air du temps pour les bâtiments agricoles. « La demande s’intensifie depuis deux ou trois ans, constate Gérald Beaulieu, directeur du Centre d’expertise sur la construction commerciale en bois (CECOBOIS). Le phénomène de consolidation dans le secteur [laitier] engendre de nouveaux besoins. Les troupeaux sont plus grands et les producteurs veulent optimiser leurs installations. »

Le projet primé de la Ferme Zwygart, à Fortierville, au Centre-du-Québec. Photo :  Ambiance bois

Le projet primé de la Ferme Zwygart, à Fortierville, au Centre-du-Québec. Photo : Ambiance bois

Selon Christian Lemay, associé aux Consultants Lemay & Choinière, une firme spécialisée en génie agricole et en agronomie, le bois a toujours été employé même pour les bâtiments agricoles de grande surface. « La nouveauté, c’est l’utilisation de lamellé-collé et de bois massif au lieu de fermes de toit légères, explique-t-il. Ça permet d’installer des poutres de façon plus distancée et de gagner en flexibilité pour l’aménagement intérieur. » Une de leurs réalisations, à la Ferme Zwygart, a d’ailleurs remporté deux prix d’excellence décernés par CECOBOIS en février. Le bâtiment montre un assemblage de charpente composé de pièces de bois apparentes avec intégration de puits de lumière.

En milieu urbain

À Montréal, il y a le projet Arbora, un complexe de trois immeubles de huit étages comprenant plus de 400 unités d’habitation, qui a été construit dans le quartier Griffintown en pleine revitalisation. Plus haute encore, la tour à condos Origine, à Québec, compte 13 étages dont 12 en bois massif qui reposent sur un podium en béton. De plus, le bois a fait une percée dans les bâtiments commerciaux et institutionnels. Des immeubles de bureaux, des concessionnaires automobiles et même des casernes de pompiers l’ont intégré dans des concepts où cette substance s’allie au béton ou à l’acier.

C’est également un matériau performant. « En compression, il est aussi fort que le béton, sinon plus », soutient David Croteau, vice-président à l’ingénierie et aux opérations chez Nordic Structures, fournisseur des bois d’ingénierie pour la construction. En plus de ses qualités esthétiques, il possède des propriétés thermiques et acoustiques qui contribuent au confort des occupants. Des avantages qui contrebalancent le coût de construction un peu plus élevé d’environ 10 % à 15 %.

Concepts hybrides

Même si son emploi s’accroît, il ne faut pas penser que le bois va remplacer le béton et l’acier. « Les architectes privilégient les concepts hybrides en mettant le bon matériau au bon endroit », précise M. Beaulieu. Le directeur du CECOBOIS croit qu’en optimisant l’utilisation de ce matériau, cela permettra de construire des bâtiments performants et durables qui contribuent au confort des occupants. 

12 étages maximum

Le nombre d’étages maximum permis par la réglementation québécoise pour les bâtiments en charpente de bois est de 12. Les architectes qui veulent aller au-delà doivent faire une demande auprès de la Régie du bâtiment du Québec, qui peut approuver le projet s’il répond aux normes de qualité. Ailleurs dans le monde, la construction en bois atteint des sommets, certains concepts faisant 20 ou 30 étages, voire plus.

 

Sylvie Lemieux, collaboration spéciale