Actualités 1 novembre 2017

La Financière, source d’insatisfaction

TROIS-RIVIÈRES — L’insatisfaction envers La Financière agricole du Québec représente l’un des sujets les plus préoccupants pour les agriculteurs mauriciens. Ils en ont largement fait état lors du congrès de la Fédération de l’UPA de la Mauricie, le 18 octobre, à Trois-Rivières.

« De jeunes agriculteurs me disent que la Financière ne joue pas son rôle, qu’elle ne veut pas prendre de risques dans leurs projets. Plusieurs se plaignent également des délais interminables avant d’obtenir des réponses. Dans une business, tu ne peux pas attendre six mois après une réponse », a déploré Jean-Félix Morin, délégué d’un syndicat local.

En entrevue à La Terre, la directrice des communications de la Financière, Virginie Simard, se dit surprise de ces exemples. Elle cite le dernier rapport de l’organisme qui fait état d’un délai moyen de 13 jours ouvrables pour le traitement des demandes. « Les délais peuvent être très variables selon les cas, mais on a des préautorisations de financement qui sont effectuées la journée même », souligne-t-elle.

Un exemple

Une agricultrice a pris le micro pour parler de sa réalité. « Nous sommes une petite ferme et nous avions droit à une subvention au démarrage, sauf que nous avons juste reçu la moitié du montant, parce que la Financière n’était pas certaine “qu’on serait encore là dans six mois”. Elle ne croit pas les chiffres [du plan d’affaires]. Pourtant, ce sont ceux qu’elle nous a demandé de faire produire par une agroéconomiste, a expliqué Annie Huot. C’est un non-sens! La Financière veut des projets de la relève, mais elle est déconnectée de notre réalité. » Son conjoint, Ghislain Hogue, s’est dit déçu de la vision de la Financière pour leur projet. Il ajoute que les 5 000 à 10 000 $ de subvention qu’ils n’ont pas reçus ferait la différence dans la rentabilité de leur projet.

Virginie Simard rétorque que sur les 5 G$ de prêts en cours, 40 % sont accordés à des agriculteurs de moins de 40 ans. « On ne peut pas dire qu’on n’est pas là pour la relève ni pour les productions marginales! » commente Mme Simard. Elle ajoute que le dernier sondage auprès de la clientèle révèle un taux de satisfaction de 87 %, « qui ne varie pas trop selon les régions ».

Une résolution

Les délégués de la Mauricie ont finalement voté une résolution visant à faire pression auprès du bureau régional de la Financière afin qu’elle joue pleinement son rôle de soutien auprès des producteurs et qu’elle traite les dossiers dans des délais raisonnables. La résolution présente une portée plus globale, demandant de surcroît à la Financière d’offrir des programmes de sécurité du revenu répondant aux besoins de tous les producteurs agricoles. 

Les producteurs de la Mauricie ont également voté en faveur de :

  • l’assurance que les 8 000 hectares qui sont en culture dans le littoral du lac Saint-Pierre puissent le demeurer, et selon des conditions qui ne pénaliseront pas les fermes;
  • la diffusion d’une campagne de sensibilisation et de prévention sur la sécurité associée aux machineries agricoles sur la route;
  • la mise en place de démarches pour que le périmètre urbain, les distances séparatrices et les délais encadrant les droits acquis (des bâtiments d’élevage) cessent de brimer la pérennité de l’agriculture;
  • la mise en œuvre de solutions concrètes pour diminuer la déprédation du dindon sauvage;
  • la prolongation du plan de financement de l’UPA.