Un panel, qui a réuni des membres de la relève, a illustré les craintes des producteurs à l’égard de la hausse du salaire minimum. Crédit photo: Pierre-Yvon Bégin/TCN
Ce contenu est réservé aux abonnés.
Se connecterSi ce n’est pas déjà fait, abonnez-vous pour moins de 1 $ par semaine.
S'abonner maintenantSAINT-HYACINTHE — Les producteurs de fraises et framboises sont très inquiets. L’éventuelle hausse du salaire minimum à 15 $/heure laisse planer une sérieuse menace sur la rentabilité de leur ferme.
En effet, comme la main-d’œuvre représente plus de la moitié de leurs coûts, ils seront les plus touchés par une augmentation rapide du salaire minimum.
Réunis pour la 20e assemblée générale annuelle de l’Association des producteurs de fraises et framboises du Québec, les délégués ont adopté à l’unanimité une résolution demandant à Québec l’instauration de mesures d’atténuation. Ils réclament également un crédit d’impôt remboursable et un programme de sécurité du revenu complémentaire. Ils pressent aussi Québec de soutenir l’innovation et la mécanisation.
Le président de l’Association, David Lemire, a rappelé à l’assemblée que lors du Congrès général de l’Union des producteurs agricoles, certains partis politiques avaient pris l’engagement de rendre l’augmentation du salaire minimum à coût nul pour les agriculteurs. « Bien que je sois de nature optimiste, je sais qu’il s’agit d’une promesse irréaliste, car trop coûteuse », a-t-il affirmé.
« Si on prend juste les compensations, ce serait plus cher que le budget de la Financière », a précisé le président en entrevue avec La Terre. Celui-ci estime que la hausse du salaire minimum représente, uniquement pour la main-d’œuvre étrangère, un surcoût de plus de 30 M$. Il croit qu’un crédit d’impôt remboursable constitue une meilleure solution pour aider les plus démunis, notant qu’une augmentation du salaire minimum profitera d’abord aux travailleurs étrangers et aux étudiants.
Développement
Par ailleurs, le secteur de la framboise serait appelé à connaître le plus important développement en production agricole au cours des prochaines années. Aujourd’hui, près de 85 % de l’approvisionnement des transformateurs alimentaires provient de l’étranger. Or, une nouvelle méthode, la production hors-sol en pot,
permet de mettre les plants de framboises à l’abri des rigueurs de l’hiver. « On va pouvoir reprendre le marché, estime David Lemire. Cette méthode permet de tripler les rendements à près de 23 tonnes à l’hectare comparativement à 7 en plein champ. »
« Le prix payé par les transformateurs est vraiment intéressant et il y a de belles opportunités », a-t-il ajouté.
20e anniversaire
Les membres de l’Association ont célébré les 20 ans de leur organisation par la tenue d’un premier banquet auquel 140 convives ont assisté.